Tardi à la Biennale du Neuvième-Art en photos

Publié le lundi 22 juillet 2013 par Thomas Clément. Mis à jour le 22 juillet 2013 à 13h52.

Pour sa septième Biennale du Neuvième Art, la ville de Cherbourg-Octeville table cette fois-ci sur l’un des auteurs les plus atypiques du genre. On savait Jacques Tardi peu intéressé par les honneurs et les médailles (nous avions signalé son récent refus de la Légion d’Honneur), et la présence de nombreux originaux sous les ors de la République a de quoi surprendre.

On imagine les gages de respectabilité qu’ont dû fournir Louise Le Gall et Pierre-Marie Jamet, respectivement conservatrice des musée de Cherbourg-Octeville et responsable de la Galerie Oblique parisienne, pour emporter l’adhésion du père d’Adèle Blanc-Sec à ce projet : présenter, au sein même des Salons de l’Hôtel de Ville, plus de deux cents oeuvres représentative du travail de l’artiste ! C’est pourtant dans ce cadre très XIXème siècle que les thèmes chers à Jacques Tardi sont présentés. Et de bien belle manière.

La visite commence donc par une centaine de sérigraphies, lithographies et estampes, sur une thématique très historique. Ce premier fil conducteur, depuis la Commune de Paris jusqu’à la Grande Guerre, que Jacques Tardi suit depuis ses débuts, est souvent l’occasion d’admirer son travail de mise en couleur, une dimension parfois un peu oubliée par les amateurs de l’auteur. Le fantastique et l’étrange sont également représentés, avec comme morceau de bravoure le port-folio Décalage, réalisé en 1983, tout comme la composante romanesque et feuilletonnesque de son travail, à travers ses interprétations de Léo Malet, Jean Vautrin ou Louis-Ferdinand Céline.

La petite rotonde, qui marque un petit intermède dans la visite, est ensuite le moment d’approcher la fameuse gare transatlantique de Cherbourg-Octeville, avec malice et décalage (on y retrouve... le parapluie emblématique de la ville). Jacques Tardi s’est livré de bonne grâce à l’exercice qui s’est imposé au fil des années aux auteurs successifs présentés à la Biennale, une oeuvre originale sur le patrimoine artistique et architectural de l’endroit.

Le point d’orgue de cette exposition ambitieuse, mais pas prétentieuse, vaut à lui seul la visite. Il s’agit de l’intégralité des planches du Secret de l’Etrangleur, publié en 2006 chez Futuropolis, en version originale. L’intégralité des planches sorties des mains de l’artiste, avec ses multiples conclusions différentes, rendent compte des essais, tâtonnement et rectifications de Jacques Tardi, pour le plus grand plaisir des visiteurs.

Cette nouvelle Biennale du Neuvième Art de Cherbourg-Octeville, dont l’entrée est entièrement gratuite (il faut le souligner !), est une réussite qu’il convient de ne pas manquer.

Pratique :
Entrée libre
Renseignements au 02 33 23 39 30
Ouvert du mardi au samedi 10h-12h / 14h-18h, le dimanche de 14h à 18h.
Fermé lundi et jours fériés
Accessible aux personnes à mobilité réduite.

Galerie
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