Les fanzines sont un véritable vivier de jeunes talents, et bon nombre de revues sont réalisées à travers la France pour permettre aux jeunes auteurs de s’exprimer tout en faisant la promotion du neuvième art. Ces véritables laboratoires de la bande dessinée expérimentent et jouent savamment avec les codes du neuvième art afin de proposer une vision différente de ce média.
Maudit Tintin est un des derniers arrivés dans le sud de la France, avec la volonté d’être un véritable lieu d’expression artistique. En effet, le magazine est à l’image de ses créateurs... passionné et éclectique. La revue se ne cantonne pas aux frontières du neuvième art, mais traite également de musique, fait la part belle à la photo, tout en laissant une place importante aux parties manuscrites. Ce cocktail pluri-culturel détonant est la recette de l’efficacité et du succès de cette revue pas comme les autres.
Le choix de parler de plusieurs formes d’art était présent dès les tout premiers temps de gestation du projet. La décision d’utiliser le nom du plus célèbre personnage de la bande dessinée franco-belge s’est imposé à eux car tout le monde connaît Tintin de prés ou de loin. De plus, cela permettrait à leur fanzine de jouir un peu de réputation du reporter pour être remarqué plus facilement.

La partie bande dessinée du magazine est réalisée par de nombreux auteurs confirmés qui font de la revue un véritable plaisir pour les yeux avec des couvertures particulièrement soignées, notamment la dernière en date qui se montre être un des plus beaux récents hommage à Tintin. Chaque auteur apporte à la revue une richesse incroyable avec leurs traits et leurs histoires qui n’ont rien à envier à celle que l’on trouve dans les périodiques historiques. C’est le cas pour les planches de La Plèbe et Mery avec leur pasteur Guy, aussi pervers que machiavélique avec une ambiance rappelant un peu l’univers de Fluide Glacial. On y découvre également à travers chaque numéro Polo Berardi qui puise dans ses influences des maîtres du genre pour livrer des planches de science-fiction sublime démontrant tout son talent.
Bon nombre de dessinateur et dessinatrice se succèdent à travers les numéros pour faire de Maudit Tintin une revue unique sans aucun sentiment d’essoufflement. En effet, chaque numéro se révèle être une véritable surprise avec de petites pépites comme l’histoire de Laure Jeck qui capte en deux planches l’insouciance et l’imagination de l’enfance.

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Cependant, Maudit Tintin se veut être un magazine complet et propose, à l’instar de ses illustres prédécesseurs, des jeux et un horoscope en adéquation avec l’esprit du magazine. C’est-à-dire avec un humour complètement barré et a parfois absurde faisant mouche immédiatement. Cet humour grinçant est le véritable fil rouge de chaque revue accompagnant le lecteur à chaque page et faisant de cette dernière un plaisir hautement récréatif.
Mais ce fanzine ne se limite pas à la légèreté et à la gaudriole, c’est aussi un espace où l’on aborde sérieusement l’actualité musicale par le biais de chroniques et d’interviews sublimées par les photos sublimes de Max Wells captant à merveille l’ambiance des concerts.
Le magazine n’oublie pas d’inclure des nouvelles appuyées d’illustrations superbes afin d’en faire un véritable lieu d’expression artistique.

Maudit Tintin est un fanzine comme on en voit peu, rigoureux par son contenu et sa volonté de parler de nombreuses formes d’art en plus de la bande dessinée. Mais il se montre aussi impertinent avec son humour corrosif et acerbe d’une efficacité redoutable. De plus, le choix audacieux de parler de bande dessinée et d’autres médias en fait une passerelle intelligente permettant à chaque passionné d’être amené à découvrir un courant artistique par l’intermédiaire du périodique.
Maudit Tintin se veut selon ses créateurs un espace d’expression artistique, le pari est réussi car bon nombre de disciplines cohabitent pour faire également de Maudit Tintin un lieu d’échanges et de découverte entre passionnés.

Page Facebook : Maudit Tintin

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