Zombie : La cavale des morts (Mike Raicht & Kyle Hotz) – Panini Comics
Publié le lundi 21 septembre 2009 par

Zombie : La cavale des morts (Mike Raicht & Kyle Hotz) – Panini Comics

Je ne sais pas vous, mais moi, personnellement, je suis un fan des films de zombies, Romero en tête, évidemment. Chacun ses faiblesses !

Il en va de même pour la BD, avec, bien sûr, une tendresse particulière pour les « Tales from the crypt » (rassurez-vous, la série télé a également mes faveurs, surtout depuis la sortie de l’intégrale en DVD, raahhh !!!). Dès que je vois le mot zombie sur la couverture d’un album je ne peux m’empêcher de voir de quoi il retourne. C’est ce qui m’a fait m’arrêter sur celui-ci. Relisez le titre, vous comprendrez…

Initialement parue en 4 épisodes aux USA chez Marvel cette histoire ne révolutionnera certainement pas le genre, mais elle a le mérite, pour les aficionados, de passer en revue toutes ses règles essentielles, ce qui est quand même ce qu’on demande avant tout à une bonne série B.

Le scénario de Mike Raicht tient certes sur un ticket de métro, mais il est efficace en diable, c’est bien le moins. En gros on retrouve ici la trame de ce qui avait fait le succès de la trilogie de Romero, à savoir le combat pour sa survie d’un petit groupe d’humains face à des hordes de zombies déchaînés et affamés. La petite trouvaille étant que le groupe d’humains en question, s’il rassemble des gens assez dissemblables (dans ce genre de situation on ne choisit pas vraiment ses compagnons d’aventure), est surtout gangrené de l’intérieur par un duo de braqueurs qui viennent de faire un retrait pas franchement autorisé dans une banque d’un bled paumé de l’état de New York, emmenant deux employés en otage pour couvrir leur fuite. Le duo de braqueurs joue, en plus, sur la différence patente entre les deux, l’un est un véritable tueur psychotique sans foi ni loi, l’autre étant, évidemment, plus enclin à tempérer les ardeurs de son compagnon. Des personnalités qui vont se trouver exacerbées quand, au cours de leur fuite, ils vont tomber sur un gigantesque accident qui coupe l’autoroute qu’ils viennent d’emprunter. Accident autour duquel est rassemblée une foule inhabituellement dense.

Les deux braqueurs et leurs otages vont vite s’apercevoir que quelque chose cloche dans le paysage quand l’une des deux otages va se faire mordre par l’un des spectateurs de l’accident. Une morsure mortelle. Faut dire que se faire arracher quelques centaines de grammes de viande au niveau du cou, la jugulaire étant du voyage par la même occasion, ça pardonne rarement. Conséquemment, c’est le premier coup de théâtre de l’histoire puisque l’accorte demoiselle, celle qu’on s’attend à voir survivre aux évènements jusqu’au bout, est la première à passer par profits et pertes. Diantre !

Les trois « survivants » n’ont plus d’autre solution que de se frayer un chemin à travers les accros à la viande fraîche pour se réfugier dans le restau d’autoroute voisin, tenter de s’y barricader, et espérer que quelqu’un viendra les tirer de là avant de se retrouver, à leur corps défendant, au menu. Une situation qui n’est pas sans rappeler celle de « Planète terreur », le film de Robert Rodriguez qui, couplé au « Boulevard de la mort » de Tarantino, constituait le dyptique « Grindhouse ». Mais il est probable qu’il s’agit là d’une pure coïncidence, la BD étant parue en 2006 alors que le film, s’il est sorti en 2007, a probablement été écrit et réalisé en 2006 également.Au fil de l’histoire, les trois protagonistes principaux vont retrouver ou être rejoints par d’autres humains, comme la propriétaire du snack, qui se révèlera en fait être la complice des braqueurs, un soldat accompagné d’un curieux « toubib », ou encore un camionneur qui dormait dans son truck garé sur le parking, un peu beauf mais aussi plein de ressources. Ce petit groupe va donc tenter, avec plus ou moins de chance (ou de malchance), de résister aux zombies qui, évidemment, vont tout faire pour pénétrer dans le restau transformé en « bunker » (ceux qui ont vu les films de Romero, et notamment « Zombie », de 78, le deuxième opus de la trilogie originelle, devraient s’y retrouver, le supermarché du film étant devenu snack autoroutier).

Inutile de vous préciser qu’ils ne survivront pas tous au siège, vous vous en doutiez déjà. Sachez juste que le dénouement de l’histoire confirme l’impression que l’on a dès les premières pages, notamment lors de l’arrivée des braqueurs sur le lieu de l’accident, d’une trop grande ampleur pour être franchement honnête, et qui vient étayer l’une des nombreuses théories du complot qui font les belles heures des scénaristes et écrivains américains. Au passage il s’agit, là aussi, d’une petite entorse aux codes du genre puisque, la plupart du temps, on se contente de constater que les zombies sont là, point barre, on n’explique que très rarement d’où ils viennent. Une chute certes un peu téléphonée, mais bon, encore une fois, le genre « zombie » n’est pas spécialement réputé pour sa folle et débordante originalité.

Le dessin de Kyle Hotz, très expressif, dynamique, et gore à souhait (ce qui vaut à l’album d’être estampillé « Pour lecteurs avertis ») rend parfaitement le suspense de l’histoire, ainsi que sa violence (non, les zombies ne sont pas des enfants de chœur et, de plus, ils ont une fâcheuse tendance à manger assez salement, faut se faire une raison).

Une série B donc, qui se lira comme on regarde un film du même tonneau, sans prétention aucune, sinon celle de passer un bon moment sans trop réfléchir à l’avenir du monde. De toute façon, l’avenir, en l’occurrence…

Zombie : La cavale des morts
Scénariste : Mike Raicht
Dessinateur : Kyle Hotz
Éditeur : Panini Comics
96 pages
15 euros
Parution le 17 juin 2009

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