Reportage photo - L’esprit de Will Eisner à Cherbourg-en-Cotentin

Reportage photo - L'esprit de Will Eisner à Cherbourg-en-Cotentin
Rubrique Galeries
Publié le vendredi 28 mai par
MAJ vendredi 28 mai à 18h28min

Pour sa dixième édition, la Biennale du 9e Art de Cherbourg-en-Cotentin rend hommage à Will Eisner de très belle manière : une exposition regroupant une centaine d’oeuvres originales, où l’on croise quelques guest stars, et notamment Frank Miller.

La visite commence par l’intégralité des planches de trois histoires du Spirit, ce détective sans aucun super-pouvoir créé en juin 1940, au moment de l’essor des super-héros, dont les aventures sont peuplées de dangers... et de femmes fatales : Mr. McDool (12 octobre 1947), The Job (9 mai 1948) et Lily Lotus (10 juillet 1949).
Will Eisner, alors âgé d’une trentaine d’années, est déjà un maître de la mise en page, et on peut y trouver les bases de l’univers urbain qu’il développera par la suite, quelques trente ans plus tard. Le catalogue édité chez Toth pour l’occasion, et disponible à la boutique du musée, reproduit d’ailleurs ces planches en taille réelles.

La carrière de Will Eisner est tout sauf linéaire. Il abandonne (ou presque) son détective masqué en 1952 pour se consacrer à des travaux d’illustration et enseigner à la School of Visual Arts de New York. Mais la scène underground des années 70 ne l’a, elle, pas oublié et le dessinateur, dont on trouvera des travaux dans la deuxième salle, et surtout l’éditeur Denis Kitchen est pour beaucoup dans le retour de Will Eisner à l’Art Séquentiel, une expression inventée par Eisner lui-même. Leur collaboration fructueuse durera 35 ans.

L’apport de Will Eisner au Neuvième Art est énorme. Par son traitement graphique des ombres et des lumières, son utilisation de la Ville, et notamment les multiples immeubles, ponts, devantures et buildings, il continue à marquer les années 80. Même s’il ne s’intéresse toujours pas aux super-héros, il est suivi par de jeunes auteurs comme Alan Moore et Frank Miller qui lui doit beaucoup, et notamment pour son Dark Knight sorti en 1986.
Après un passage présentant des agrandissements de cases suspendus, surprenant au premier abord, la troisième salle fait résonner en échos des planches originales du Batman de Miller et de Sin City avec d’autres travaux d’Eisner. La proximité est évidente.

La dernière salle de l’exposition fait quant à elle part belle aux différents graphic novels publiés par le maître à partir de 1978, dont le plus emblématique est bien entendu A Contract with God, on y retrouve en fil conducteur son intérêt pour la ville de New York et ses habitants.

Pratique :
Le Quasar, Esplanade de la Laïcité, 50100 Cherbourg-en-Cotentin

Du mardi au vendredi
10h-12h30 et 14h-18h
Les samedis et dimanches
13h-18h
Fermé les lundis et jours fériés

Du 28 mai au 30 juin 2021
Gratuit pour tous
Du 1er juillet au 29 août 2021
Plein tarif : 5 € / réduit : 3 €
Gratuit le mercredi

Galerie
Dessiné par Will Eisner, un hommage à Jack Kirby, Gil Kane et Harvey Kurtzman Eisner/Miller : une esthétique du noir Illustrations originales et sérigraphies luxueuses du Spirit La reconnaissance de Will Eisner par la scène underground US des années 70
La réédition du Spirit par Denis Kitchen s'accompagnait de couvertures inédites en couleurs directes Le Dark Knight de Frank Miller, en planches originales Le Sin City de Frank Miller, comme un écho à l'oeuvre de Will Eisner Les femmes fatales du Spirit
Presque fantômatiques, ces cases agrandies et suspendues Trois histoires complètes du Spirit, en planches originales bien sûr ! Un aperçu des romans graphiques de Will Eisner Un couverture en couleurs directes pour la réédition du Spirit par Kitchen Sink
Une (superbe) planche originale du Spirit parmi d'autres Une galerie des couvertures pour la réédition du Spirit chez Kitchen Will Eisner était capable de prendre à contre-pied les codes du comic

Notes des internautes: 5

Commentaires
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  • Visiteur Franck le 29 mai à 19:58

    Magnifique exposition à voir au plus vite

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