Rapport ACBD 2008 : 4- Traduction

Rapport ACBD 2008 : 4- Traduction
Rubrique Dossiers
Publié le lundi 29 décembre 2008 par
MAJ lundi 29 décembre 2008 à 15h28min

1856 bandes dessinées étrangères (dont 1411 venues d’Asie et 292 des États-Unis) ont été traduites : un bond de 69 titres (soit 3,86%) contre un recul de 0,67% en 2007.

Malgré l’effondrement des traductions de manhwas coréens (98 en 2008 pour 130 en 2007), des manhuas chinois (23 pour 74 en 2007), et des ouvrages venus de Taïwan ou d’Inde (2 pour 15 en 2007), la bande dessinée asiatique continue d’alimenter la production avec 1411 albums (contre 1371 en 2007), ce qui correspond à 479 séries traduites (contre 528 en 2007) : grâce aux 1288 mangas japonais publiés en français (contre 1152 en 2007).

La fidélité et l’implication d’un lectorat différent (plus jeune et plus féminin), lequel apprécie leur moindre coût, la succession des nouveaux tomes dans des délais très rapprochés et un contenu proche de leurs préoccupations, a permis la progression du manga sur le territoire francophone européen, sans que cela se fasse au détriment des autres segments du marché. Depuis 2005, 1 album vendu sur 3 est d’origine asiatique : mais seuls 9 shônen (séries destinées principalement aux jeunes garçons) ou shôjo (pour les jeunes filles) assurent 50% des ventes du secteur.

Et seulement 7 éditeurs tiennent l’essentiel de l’économie des mangas traduits en français : en terme de parts de marché, Kana est en tête (151 volumes publiés en 2008), suivi par Glénat Mangas (137 volumes), puis, plus loin derrière, par Delcourt (et ses filiales Akata -94 volumes- et Tonkam -152 volumes-) et par Pika (155 volumes) ; ensuite, le secteur est détenu, dans une moindre mesure, par Kurokawa (68 volumes), Panini Manga (123 albums) et Soleil Mangas (81 volumes). Ces 7 entreprises ayant réalisé plus de 90% des ventes de mangas en volume, elles sont bien armées pour résister à une éventuelle arrivée des éditeurs japonais qui, à la recherche d’un relais de croissance de plus en plus difficile à trouver sur leur marché intérieur, pourraient publier eux-mêmes leurs séries en Europe.

En conséquence, le nombre d’éditeurs francophones publiant des bandes dessinées asiatiques se réduit : on en compte plus que 36 (au lieu de 40 en 2007). Parmi eux, citons les outsiders que sont Asuka, Bamboo (Doki-Doki), Carabas (Kami), Casterman (Sakka, Hanguk et Hua Shu), Clair de lune (Gakko), 12 Bis, Ki-oon, Le Lézard noir, Milan (Kankô et Dragons) et Taïfu, ou encore Paquet et Samji (repreneur de certaines séries éditées par la SEEBD) pour la bande dessinée coréenne, et Akileos, Drakosia, Ohayo, Toki et Xiao Pan pour la chinoise. Sans oublier certains généralistes qui se spécialisent plutôt dans le seinen (bande dessinée pour jeunes adultes) à l’instar de Cambourakis, Cornélius, La 5ème Couche, Imho, Vertige Graphic ou Flblb récompensé par le Prix Asie-ACBD décerné au “ Visiteur du sud” de Oh Yeong Jin pendant le festival Japan Expo.

Nous assistons aussi à une diminution des rééditions des bandes dessinées venues d’Extrême-Orient (92 au lieu de 138 en 2007) et de ce que certains appellent le franga, le manga européen ou le global manga : c’est-à-dire les tentatives réalisées par les auteurs européens de s’inspirer ouvertement des différents codes graphiques et narratifs des mangas. Les pourtant très dynamiques éditeurs que sont Akiléos, Ankama, Carabas, Delcourt, 12 bis, Les Humanoïdes associés, Paquet, Pika ou Soleil n’en ont publié que 42 (contre 57, l’an passé). Cependant, les styles des jeunes auteurs sont toujours très influencés par les codes graphiques et narratifs des mangas et de plus en plus de graphistes asiatiques illustrent des scénarios d’auteurs francophones.

La passion de ce public assez monomaniaque pour les mangas (anime ou livres) se développe aussi sur Internet (animeland.com, animint.com, mangagate.com, manga-news.com, manga-sanctuary.com, mangaverse.net, mangavore.net, the-ryoweb.com, webotaku.com…) ou dans les 6 essais qui leur ont été consacrés en 2008.

Si, grâce aux mangas, le japonais est devenu la langue la plus traduite en français, l’anglais n’est pas en reste puisque 9 albums proviennent d’Angleterre et 292 des États-Unis, soit 8,13% des nouveautés (contre 253 et 7,64% en 2007). Si les comics mettant en scène les super-héros (“X-Men”, “Spider-Man”, “Batman”, “Superman”…, dont les tirages francophones n’excèdent pas les 40 000 exemplaires) est l’apanage de Panini, multinationale en expansion et leader incontesté de ce secteur, quelques ouvrages ont quand même été édités par d’autres éditeurs plus ou moins spécialisés dans la bande dessinée américaine : tels Akiléos, Les Arènes, Dante, Fusion Comics, Kymera, Réflexions, Semic, Wetta ou même Delcourt (avec ses collections “Star Wars”, “Contrebande” et “Outsider”).

Cependant, comics et mangas ne sont pas les seuls fournisseurs de bandes dessinées étrangères.

L’Italie, avec ses “fumetti” (bandes dessinées populaires en petit format et en noir et blanc) que tentent de relancer les éditions Clair de Lune et Mosquito, les deux principaux éditeurs à traduire les représentants du 9e art transalpin, a fourni le contenu de 57 albums en 2008 (contre 63 l’an passé).

On dénombre aussi 28 bandes dessinées d’origine espagnole (contre 24 en 2007), 17 hollandaises, 12 argentines, 7 finlandaises, 6 israéliennes, 2 allemandes, autrichiennes, brésiliennes, mexicaines, suédoises…, soit, au total, 1856 traductions -c’est-à-dire 51,67% des nouveautés (contre 1787 et 53,95%, en 2007)-, venant de 27 pays différents.

Remarquons aussi l’activité accrue de la bande dessinée francophone à l’export grâce au succès remporté, à l’étranger, par nos romans graphiques, dont le lieu de vente de prédilection est la librairie généraliste. Leur forme, qui se rapproche de celle des mangas au format beaucoup plus économique que l’album cartonné, s’est finalement imposée à l’international. Les efforts des éditeurs à l’exportation sont donc constants, à l’instar de ceux de Soleil qui s’est associé au géant américain des comics Marvel ou des Humanoïdes associés qui se sont alliés à Devil’s Due Publishing, éditeur connu pour ses adaptations de séries d’action ou de films d’horreur en comics.

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