Coyote et Litteul Kevin (Coyote) - Le Lombard

Coyote et Litteul Kevin (Coyote) - Le Lombard
Rubrique Dossiers
Publié le mercredi 18 avril 2012 par
MAJ mercredi 18 avril 2012 à 15h23min

Non, pas besoin de changer (ou chausser) vos lunettes ! Oui, vous avez bien lu ! Les auteurs de cet album sont bel et bien Coyote ET Litteul Kévin. En fait, Coyote, le dessinateur, et Litteul Kévin, son personnage fétiche, ont tellement en commun que c’est via le prisme de son baby biker rigolard que l’auteur nous raconte son autobiographie graphique. Puisque cet album retrace la vie, l’oeuvre et la carrière de Coyote.

20 ans, c’est forcément une étape importante dans une vie, et peut-être encore plus dans une vie d’artiste, d’où ce coup d’oeil dans le rétroviseur de la part d’un dessinateur définitivement associé à la mythologie biker, notamment avec ses deux séries fétiches, « Mammouth et Piston » et, donc, « Litteul Kévin ». Deux séries n’étant d’ailleurs pas sans rapports étroits puisque c’est dans la première qu’apparaîtront quelques-uns des personnages qui feront les belles heures de la seconde, à commencer par Chacal, le papa de Kévin, ainsi que la plupart des membres de son club de bikers.

Biker lui-même, Coyote sait donc parfaitement de quoi il parle dans ses albums, avec des anecdotes dont on devine que certaines sont probablement autobiographiques. Ce qui nous ramène à la genèse de cet album. Pas un album de bande dessinée au sens strict du terme, mais plutôt un beau livre illustré.

En 64 pages Coyote s’emploie à nous raconter son parcours de dessinateur. En trichant d’ailleurs un peu au passage puisque la naissance de tout ça, au propre comme au figuré, remonte en fait à 1985, avec un premier recueil de gags bikers. Puis, en 1987, c’est une seconde naissance qui va définitivement porter sur les fonds baptismaux son futur petit héros, puisque c’est cette année là que naît le « vrai » fils de Coyote, beau bébé joufflu à la bouille joviale, prénommé, je vous le donne en mille, eh oui, Kévin. Difficile, dès lors, de ne pas voir dans le petit personnage dessiné un double parfait du petit bonhomme de chair et d’os qui vient d’entrer dans la vie de Coyote. Ce dont ce dernier ne se cache pas, d’ailleurs.

C’est donc à partir de là que Coyote va nous raconter les parcours parallèles de ses personnages aussi bien que de sa petite famille et de lui-même, à la fois par le texte et par le dessin.

L’écriture de Coyote est directe, franche, sans effets de style, mais avec force détails évocateurs et anecdotes croustillantes, comme ses scenarii en fait. Il nous raconte à la fois ses aventures humaines de monsieur presque tout le monde, ses atermoiements créateurs, ses tâtonnements artistiques, ou son plaisir sincère à dessiner gros cubes, courbes affriolantes et gags désopilants.

Côté dessins, Coyote est allé rechercher au fond de ses cartons quelques raretés, esquisses, premiers efforts et crobards divers. Le tout pour illustrer son parcours graphique essentiellement empreint de l’esprit biker. Ainsi, entre cartes de vœux, planches inédites, porte-folios, les motos, et plus particulièrement les grosses cylindrées, de préférence américaines, sont au centre de l’oeuvre de Coyote. Mais pas que... Il nous donne aussi à voir quelques pin-ups du meilleur effet. Et pas seulement de l’accorte jeune fille plutôt gironde et court vêtue, mais aussi toute une galerie de bikers « bigger than life » comme disent les anglophones, sans parler d’hommages assumés (Astérix, Batman, Terminator, Tarantino, Easy Rider).

L’ensemble est à la fois informatif, plaisant à lire et à regarder, alerte et sans prétention, autre que celle de nous faire partager la passion de Coyote tant pour la moto que pour le dessin.

20 ans ! Le bel âge à ce qu’on dit ! En tout cas un âge qui semble avoir apporté à Coyote une sorte de maturité tant graphique qu’humaine. D’où ce besoin de revenir, avec nous, sur son parcours d’auteur à succès en ouvrant une partie de ses malles au trésor. On attend maintenant la suite des aventures de Litteul Kévin, puisqu’il n’y a pas de raison que tous les deux s’arrêtent en si bon chemin.

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