Chronique Kingdom T1 à 5 - Cycle La reconquête du trône

Chronique Kingdom T1 à 5 - Cycle La reconquête du trône
Rubrique Dossiers
Publié le vendredi 28 juin 2019 par
MAJ vendredi 28 juin 2019 à 15h46min

Dans la bande dessinée japonaise les séries prolifiques sont légion telle que One Piece ou encore Jojo’s bizarre adventure. Mais il reste difficile pour ces auteurs de garder un niveau égal de qualité au fil des arcs narratifs qui se succèdent.
C’est aussi un pari risqué pour l’éditeur qui s’engage à sortir dans notre pays une quantité considérable de tome. C’est le choix de Meian éditions qui a trouvé en Kingdom son ambassadeur pour porter sa jeune maison d’édition orientée manga et manhwa.
Cette série qui prend pour toile de fond la Chine désunie raconte le destin incroyable de différents personnages qui vont jouer un rôle majeur dans l’histoire du pays.
Et pour la première chronique sur cette série je vais me pencher sans trop en dire sur les 5 premiers tomes de la série sur la reconquête du trône du roi Ei Sei.

L’histoire en deux mots :
Shin et Hyou sont deux orphelins vivent une vie de serviteur chez leur tuteur. Mais ils nourrissent le rêve d’incorporer l’armée pour devenir généraux et écrire leurs noms dans les récits guerriers. Pour cela ils s’entraînent sans relâche jusqu’au jour où un noble choisit d’emmener Hyou en ville pour qu’il rejoigne le palais. Le jeune homme apprend qu’il n’est choisi que pour sa fantastique ressemblance avec le roi Ei Sei menacé par un possible coup d’État.
Shin retrouvera Hyou blessé à mort. Il rencontrera ensuite le roi déchu et fera tout pour renverser son demi-frère du trône et unifier la Chine.

Le scénario :
Ce premier cycle de Kingdom pose les bases d’une histoire aux nombreuses ramifications grâce aux multiples personnages qui incorporent le récit et permettent ainsi d’explorer d’autres pistes scénaristiques. La grande force de ce cycle et de la série est sans nul doute la construction de ces personnages. L’auteur a pour bonne idée de centrer le début de l’arc narratif sur Shin er Hyou en montrant la force de leurs amitiés, le lien indissociable qui les unis marque le lecteur et donne à Shin notamment une aura particulière en plus de ses prodiges au combat. En effet, il ne se bat pas que pour lui ou un idéal, il se bat pour son ami et leur rêve commun, ce qui fait de Shin un personnage très attachant avec des blessures qui le rapprochent du lecteur.
Il a également construit en miroir une relation compliquée entre Sei et Shin qui vont se familiariser l’un avec l’autre et nouer avec les épreuves une solidarité sans faille. Les nombreux traits d’union entre les personnages montrent la volonté de l’auteur de signer un récit composite où chaque rencontre aura une incidence pour le futur.
Les autres personnages ne sont pas en reste et tous ceux croisés ont quelque chose en plus. Ils jouissent d’un charisme indéniable tel que Ten, le jeune garçon qui va les suivre, et qui par son courage et sa compassion une empreinte incroyable dans le récit.
L’auteur a aussi utilisé à bon escient le registre horrifique avec certains antagonistes comme Rankai, un colosse meurtrier à l’instinct animal qui démembre les condamnés à mort.
L’intrigue quant à elle est très fluide et le lecteur s’éprend vite de cette reconquête, les rebondissements sont logiques et laissent dans une expectative positive.
L’auteur fait aussi voyager son lecteur à travers les chapitres, ce qui ne fait pas de Kingdom qu’un récit guerrier et donne l’impression de progression au fil des tomes.
Enfin, l’auteur a su aussi donner des failles et certaines défaites au fil des tomes créant un sentiment d’empathie pour les protagonistes tout en rendant les victoires que plus belles et spectaculaires.

Le dessin :
L’ambiance graphique de Kingdom est remarquable, Yasuhisa Hara transcende son traits à chaque tome pour livrer des planches de plus en plus soignées.
Le dessinateur excelle dans bon nombre de domaines pour permettre à cette atmosphère unique d’exister. La représentation des personnages est quasi photographique, notamment sur les personnages de Shôbunkun qui crève les planches. L’auteur a su saisir parfaitement sa détermination, sa vision de l’honneur et sa dévotion dans ses postures et son regard. De plus chaque expression rend les émotions des protagonistes palpables, donnant lieu à des cases marquantes qui ne laissent pas le lecteur insensible, comme la fin de Hyou ou encore l’attaque surprise subie par le jeune Ten.
Les décors des tomes sont superbes, l’auteur fait voyager le lecteur à travers les plaines chinoise, les montagnes et les cités gigantesques qui témoignent d’une grande maîtrise concernant l’architecture ainsi qu’un grand travail de recherche.
Mais là où Yasuhisa Hara fait de son manga une oeuvre qui crève les planches, c’est dans la représentation des combats à la fois détaillée, nerveuse et chorégraphiée à la manière des films d’action. Chaque tome possède son ou ses combats mémorables aidés par des adversaires charismatiques par leurs techniques. Mais ses adversaires interpellent par leurs représentations frappantes comme Rankai ou l’assassin des brutes écarlates qui montrent leur férocité et leurs absence d’humanité avec leurs yeux révulsés. Enfin, ses combats sont le véritable moteur de l’histoire certains sont si passionnants qu’ils rendent la lecture plus qu’addictive tant ils procurent de l’émotion. L’attaque du palais est un bonheur à lire, les affrontements sont justes et témoignent du fracas d’une telle bataille.
Le travail de trame et de gestion des ombres est superbe et apporte un peu plus à la richesse graphique du cycle et démontre la grande maîtrise de l’auteur.

Ce premier cycle de Kingdom pose les bases d’un scénario envoûtant et plein de tensions, montrant les points de départ du destin sans précédent de Shin et ses compagnons d’armes. Cinq tomes à l’évolution progressive pour finir dans une véritable apothéose graphique laissant de nombreuses pistes scénaristiques pour un nouveau cycle tout aussi passionnant.
Meian édition avec Kingdom offre au lectorat de manga un Seinen remarquable qui saura combler leurs attentes de scénario et de dessin qualitatif.

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