Angoulême 2015 : Exposition Jack Kirby, le super-créateur

Publié le mardi 3 mars 2015 par Arnaud Lamy. Mis à jour le 3 mars 2015 à 10h00.

Si les lecteurs de comics le connaissent depuis bien longtemps, le grand public n’est pas nécessairement conscient de l’importance du rôle de Jacob Kurtzberg, alias Jack Kirby, dans l’histoire de la bande dessinée américaine. Bien qu’il n’ait pas inventé le super-héros en tant que tel, Kirby a participé, souvent aux côtés de Stan Lee, à la création de tant de personnages et de séries mythiques – Les Quatre Fantastiques, Les X-Men, Le Quatrième Monde, Les Nouveaux Dieux, Ant-Man, Kamandi, O.M.A.C., Mister Miracle... – qu’il mérite sans nul doute le surnom de « King of Comics ». Né à New York en 1917, il commence à travailler à l’âge de 18 ans, d’abord comme intervalliste pour des studios de dessins animés, puis comme assistant d’auteurs de comic strips. Il fait par la suite la connaissance de Joe Simon, avec qui il crée dès 1940 le personnage de Captain America chez Timely Comics (maison bientôt rebaptisée Atlas, puis Marvel Comics). Au cours de sa longue carrière, Kirby travaille à la fois en tant que dessinateur, scénariste, directeur artistique et directeur de publications. De nombreux conflits au sujet de ses droits et de ses contrats l’opposent aux éditeurs, et il change très souvent de maison d’édition, faisant pendant plus 40 ans (depuis le début des années 1940 jusqu’au milieu des années 1980) un nombre impressionnant d’allers-retours entre les majors Marvel et DC Comics, et imposant chez chacun des deux éditeurs une multitude de personnages mémorables qui seront repris par la suite. La relecture des Fantastic Four suffirait à elle seule à montrer toute la force créatrice de Kirby : au cours des années 1960, il y introduit les personnages des X-Men, le Surfer d’argent, les Skrulls, Submariner, le Docteur Doom, The Impossible Man, The Watcher, Galactus

L’exposition, pensée de manière chronologique, met en avant l’esthétique fondamentale de Jack Kirby, la magie d’un trait débordant d’effets, de trouvailles et de dispositifs graphiques d’une confondante efficacité. L’auteur introduit des perspectives saisissantes, il symbolise la matière par ce que l’on appelle aujourd’hui communément les Kirby Krackles (« les points Kirby »), une myriade de points noirs pouvant ressembler à des taches d’encre, et il invente des onomatopées marquantes, à l’image du célèbre « It’s clobberin’ time ! » (« Ça va faire mal ») de La Chose – une créature minérale que Kirby invente avec Stan Lee en 1961.

Commentaires
Les commentaires anonymes sont autorisés.
Chaque commentaire est vérifié par la rédaction avant d'être publié.
Dans la même rubrique
Chronique Kingdom T1 à 5 - Cycle La reconquête du trône
Chronique Kingdom T1 à 5 - Cycle La reconquête du trône
Dans la bande dessinée japonaise les séries prolifiques sont légion telle que One Piece ou encore Jojo’s bizarre adventure. Mais il reste difficile pour ces auteurs de garder un niveau égal de (…)
Léa Mazé – Fragments d'un univers sensible (Quai des Bulles 2025)
Léa Mazé – Fragments d’un univers sensible (Quai des Bulles 2025)
Exposition au festival Quai des Bulles 2025 (Saint-Malo, Palais du Grand Large, Rotonde Surcouf) Présentée du 24 au 26 octobre 2025, l’exposition Fragments d’un univers sensible mettait à (…)
Rapport ACBD 2009 : 3-Mutation ?
Rapport ACBD 2009 : 3-Mutation ?
Mutation ? La stratégie du « média-mix » se renforce, le marché balbutiant du numérique prend forme et le 9e art est toujours source d’inspiration pour les autres moyens d’expression. (…)
Chronique Trop n'est pas assez (Ulli Lust) - Ça et là
Chronique Trop n’est pas assez (Ulli Lust) - Ça et là
C’est l’âge des journaux intimes, d’un héritage dont on ne cerne pas vraiment tous les enjeux, de la rébellion obligatoire vis-à-vis de l’ordre parental. Le cap obligatoire de l’adolescence. L’âge (…)
Note des internautes
0/5 0 vote
A lire également
Statistiques
132344 albums et 66256 numéros de périodiques dans notre base de données