God save the Queen (Mike carey & John Bolton) - Panini Comics

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God save the Queen (Mike carey & John Bolton) - Panini Comics
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Publié le mardi 20 janvier 2009 par Mise à jour de cette page le 21 février 2018 à 17h03min

Rien ne va plus au royaume des fées. Si vous pensiez encore que celles-ci n’étaient que de gentilles et sympathiques pourvoyeuses de chance et de bonté, vous allez vite réviser votre jugement après lecture de cet album.

Or donc il était une fois Titania, la reine des fées, qui ne l’était devenue qu’en détrônant la précédente titulaire du fauteuil, Mab, cruelle et sans cœur. Le problème, c’est que Titania n’avait pu tuer Mab à l’époque, car celle-ci, en mourant, aurait maudit à jamais le royaume. Titania avait donc exilé sa rivale. Mais aujourd’hui Mab revient, et elle n’est pas contente. Mais alors pas du tout… Remarquez, on peut la comprendre. Il n’est jamais agréable pour un souverain de se faire destituer. Les choses étant ce qu’elles sont, et Mab ayant réussi à lever des troupes plus importantes que celles de Titania, la reine retrouve donc son trône, non sans faire enfermer son ex rivale dans les cachots les plus sombres et les plus profonds du château, afin de pouvoir la faire torturer à sa guise quand bon lui semblera. Je vous avais dit qu’elle n’était pas contente Mab…

Tout est bien qui finit bien ? Enfin, bien, c’est une périphrase bien sûr… Tout est bien qui finit bien donc ? Pas vraiment en fait…

Car Mab sait qu’un autre danger la guette, qui pourrait lui faire perdre à nouveau son trône fraîchement reconquis. D’autres fées… qui vivent loin, bien loin, dans un autre royaume qu’on appelle l’Angleterre. Ces fées sont sur Terre soit de leur propre volonté, soit à la suite d’une prononciation d’exil, soit pour fuir une condamnation prononcée contre eux dans leur royaume d’origine. Je vous avais bien dit que tout n’était pas si rose chez elles.

Et en Angleterre, en ce début de 21ème siècle, les scories du mouvement punk font encore preuve d’une belle persistance dans certaines couches de la société. Le « God save the queen » des Sex Pistols, qui accuse pourtant ses 30 ans d’âge, secoue encore, même à titre posthume, le royaume d’Angleterre et les Windsor.

C’est dans cette Angleterre qu’une jeune étudiante, Linda, se jette à corps perdu dans les délices d’une vie nocturne emplie de musique (punk ou techno), d’alcool, de rencontres d’un soir, et de diverses substances aussi lysergiques qu’illicites. C’est lors d’une de ces soirées qu’elle rencontre Verian et ses amis. La bande va vite l’initier aux plaisirs du « cheval rouge », la nouvelle drogue en vogue, en fait un mélange de sang humain et d’héroïne aux effets détonants, et qui tendrait à faire passer ses utilisateurs pour de modernes vampires.

Linda, au fil des soirées passées avec Verian et sa bande, en devient plus ou moins l’une des membres. Et une nuit tout ce petit monde se retrouve dans un parc de Londres. Si Linda ne sait pas trop ce qu’on fait là, les autres, eux, semblent parfaitement au courant. Ce parc est en fait une porte, une porte destinée à rejoindre le royaume des fées, que Verian et ses amis empruntent de temps en temps quand ils ont un peu trop le mal du pays. Mais ce voyage au royaume des fées ne se déroulera pas comme prévu. La bande, qui n’est pas revenue au royaume depuis longtemps, n’est pas au courant du retour de Mab, et constate des changements de mauvais augure dès le seuil de la porte franchi. Inquiets des signes maléfiques qui les accueillent ils décident de rebrousser chemin… sans Linda qui, dans sa fuite, a été blessée par une flèche tirée par les soldats de la reine Mab qui attendaient près de la porte.

Linda parviendra néanmoins à échapper aux gardes, et rencontrera alors Cluracan, ambassadeur de Titania, et seul des anciens serviteurs de l’ex reine à ne pas être tombé dans les filets de Mab. Il est évidemment hors-la-loi et recherché. C’est lui qui révélera à Linda sa véritable nature. Elle est un « changeon », c’est-à-dire le fruit de l’union d’un humain et d’une fée. Ce qui doit quand même faire un choc. Savoir qu’on est une fée, même à demi, on ne doit plus voir la vie tout à fait de la même manière après çà.

Ce n’est cependant que de retour chez elle que Linda sera contactée par l’esprit de la reine Titania qui lui indiquera le moyen de détruire Mab. Ce que Linda, en une quête quasi solitaire digne des plus grands héros, parviendra à accomplir, libérant ainsi le royaume du joug de la reine tyrannique, et permettant donc à l’ex usurpatrice de retrouver son trône.

Sauf, que, au passage, Linda apprendra quand même que Titania n’est peut-être pas aussi bonne qu’elle y paraît, puisque c’est elle qui avait exilé Ava, la mère de Linda, et donc fée à part entière, sur terre, à cause d’une sombre rivalité amoureuse. Ce qui influera grandement sur la décision de Linda de rester ou non au royaume des fées comme le lui demandera Titania.

Ce récit nous présente des fées à des années-lumière de l’image qu’on en a depuis les contes du même tonneau, et, surtout, depuis que Walt Disney en a fait des ersatz de lessive qui lave plus blanc que blanc. Les fées de Mike Carey, superbement peintes par John Bolton (grand spécialiste de l’illustration gothique et fantastique), sont nettement plus méchantes et teigneuses qu’on ne le croyait jusqu’à présent. Elles sont « humaines » en fait, tout simplement, avec les mêmes qualités et les mêmes défauts, les mêmes sentiments et les mêmes attitudes. Aucun manichéisme chez les fées de Carey et Bolton, les bonnes d’un côté et les méchantes de l’autre, mais bel et bien une infinie palette de nuances de gris. Certes l’histoire n’est pas forcément à mettre entre toutes les mains, d’ailleurs aux USA elle est parue chez Vertigo, le label « adultes » de DC Comics, et la mention « pour public averti » figure sur la couverture de cette édition française, mais elle est prenante et vous tient en haleine comme les meilleurs récits d’heroic-fantasy, dont elle en reprend la trame de la révélation, de la quête et de la rédemption.

God save the Queen
Scénariste : Mike Carey
Dessinateur : John Bolton
Editeur : Panini Comics
Collection Vertigo GN
96 pages
15 euros
Parution le 4 décembre 2008

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