Chronique Batman et les Tortues Ninja T1 : Amère pizza (James Tynion IV et Freddie Williams II) - Urban Comics

Chronique Batman et les Tortues Ninja T1 : Amère pizza (James Tynion IV et Freddie Williams II) - Urban Comics
Publié le vendredi 24 mars 2017
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Les associations de super-héros sont légion depuis longtemps outre-Atlantique dans les deux grandes maisons d’éditions que sont Marvel et DC Comics. Mais il est plus rare de voir un de leurs personnages emblématiques se trouver réuni avec des héros d’éditeurs concurrents. Pourtant, Batman est l’un des personnages qui a connu le plus de collaboration avec d’autres univers, lui permettant ainsi d’évoluer loin de la ville de Gotham. Le chevalier noir a pu ainsi rencontrer le Mask ou affronter les créatures issues des licences Alien et Predator.
Cette fois-ci, c’est aux Tortues Ninjas d’évoluer avec le justicier de Gotham à travers un récit palpitant. Cette histoire qui n’était qu’une spéculation de fans enthousiastes est devenu réalité grâce à James Tynion IV et Freddie Williams II.

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Extrait 1 - Batman et les Tortues Ninja T1 : Amère pizza (James Tynion IV et Freddie Williams II) - Urban Comics

L’histoire en deux mots.
La ville de Gotham est en proie à une série de vols inexplicables au sein de nombreux laboratoires de technologie de pointe. Un mystérieux groupe de Ninja semble être à l’origine de ces méfaits, en tout cas selon un témoin. Ce dernier atteste également que ce sont des créatures inconnues qui ont mis les voleurs en déroute. Batman, tourmenté par l’anniversaire du meurtre de ses parents, décide de se pencher sur l’affaire pour tenter d’oublier la funeste commémoration.
Après une rapide investigation, le détective comprend qu’il a affaire à des métas humains sans savoir de quel côté ils sont. C’est lors d’une confrontation contre l’ennemi héréditaire des tortues, qu’il apprend que ces dernières sont venues d’une autre dimension afin de pourchasser Shredder et son clan, et ainsi de contrecarrer son plan machiavélique.
Batman trouve la trace des chevaliers d’écailles et, après un bref affrontement pour juger leur niveau, décide d’aider les guerriers reptiliens à arrêter le clan des foots et son chef.
Les recherches du justicier et de ses nouveaux alliés démontrent que Shredder s’associe à des ennemis ataviques de Batman afin de réaliser une mystérieuse machination.
Cependant, le clan des foots n’est pas le seul danger des quatre ninjas et de leur maître. En effet, la vie des tortues mutantes est en péril loin de leur dimension car le mutagène qui coule dans leurs veines s’inverse. Les mutants de Manhattan risquent de disparaître s’ils restent trop longtemps à Gotham City. Les tortues aidées du chevalier noir devront donc arrêter et découvrir rapidement le dessein de Shredder pour rentrer sain et sauf à New York.

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Extrait 2 - Batman et les Tortues Ninja T1 : Amère pizza (James Tynion IV et Freddie Williams II) - Urban Comics

Le dessin :
Le dessinateur réalise un album particulièrement réussi graphiquement, il a su à merveille s’approprier les divers personnages des deux univers. En effet, il a apporté un soin particulier à la réalisation de chaque personnage, il ne s’est pas contenté seulement de s’appliquer seulement sur les personnages principaux.
Le graphisme de l’album est appuyé par une superbe mise en couleur collant parfaitement à l’ambiance très sombre de Batman, notamment sur la réalisation des clairs obscurs de l’album. Le dessinateur a su rendre les combats particulièrement dynamiques et haletants, et a su mettre en avant des détails lors de ces derniers qui les rendent particulièrement épiques. Le découpage de l’album est aussi une réussite, que ce soit à travers les combats ou les grandes cases superbes qui introduisent certains personnages comme Casey ou Shredder. En effet, certaines cases apparaissent comme des hommages aux personnages des deux univers et pourraient être des illustrations à l’honneur des deux univers. C’est le cas lorsque Leonardo se trouve sur le bat signal. De plus, l’album est chapitré par les superbes couvertures des fascicules édités aux États-Unis qui rajoutent à la richesse graphique du tome.
Enfin, si l’auteur a su s’approprier les personnages avec talent, il sait aussi contourner les codes de l’univers, comme on peut l’observer lorsque les adversaires de Batman sont en contact avec le mutagène. En effet, pendant ces pages le dessinateur fait état de tout son talent en réalisant des vilains animalisés. Ces élaborations exacerbent certains de leurs traits de caractère ou leur force comme on peut le voir avec Bane ou le Pingouin. Freddie Williams II réussit à merveille le challenge en utilisant à bon escient les codes des deux licences. Il a su également véhiculer à travers superbes cases le plaisir qu’il a eu de donner vie pendant ce tome à ces personnages mythiques.

Le scénario :
Tout d’abord l’auteur à su trouver une idée crédible qui soit cohérente avec les univers des deux franchises afin de provoquer cette rencontre. En effet, le scénario n’est pas un simple prétexte afin de réunir les divers protagonistes, il utilise un élément bien ancré dans l’univers des tortues ninja avec le voyage extra dimensionnel employé par Krang, l’un des nombreux ennemis de ces dernières.
Le scénariste choisit judicieusement de ne dévoiler les chevaliers d’écailles qu’après quelques pages pour rappeler qu’elles ne sont qu’invités dans l’univers avant de leurs données pleinement une place. La trame du récit a beau être simple, elle est efficace et en adéquation avec les univers, ce qui permet au lectorat des deux franchises de s’y retrouver. Malgré une intrigue qui peut paraître sommaire, le scénariste a su enrichir son récit en développant particulièrement les relations entre les personnages.
En effet, le lecteur devient spectateur de l’amitié naissante entre les personnages, devenant presque à la fin des liens fraternels. Il est témoin également de l’admiration des guerriers de Manhattan envers Batman que ce soit à travers l’humour de Michelangelo ou le profond respect de Raphaël. Batman aussi voit en ces métas humains des guerriers émérites pour lesquels naît une profonde estime. De plus le scénariste a choisi d’humaniser un peu le chevalier noir en le faisant évoluer dans un contexte difficile avec l’anniversaire du meurtre de ses parents. Ce choix scénaristique permet de voir que sous la cape se trouve un homme faillible .
Cette relation entre Batman et les tortues dans le récit est une véritable force de l’album, notamment avec un final éblouissant et touchant où après avoir fermé le tome, le lecteur n’a qu’une envie, retrouver ces héros ensemble une nouvelle fois.

La réunion de ces héros mythique de la bande dessinée américaine à travers cet album est une réussite sans faute. Avec un graphisme superbe et une histoire étonnamment plus riche qu’il n’y paraissait ce tome à tout pour plaire. De plus, il est une excellente porte d’entrée pour découvrir l’univers des tortues mutantes peu publié dans l’hexagone.

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