L’attaque du train de Fort Défiance

Publié le lundi 31 mars 2003 par Jean-Yves Guerre. Mis à jour le 31 mars 2003 à 14h38.

C’est une formidable histoire de Tex Willer que nous offre là SEMIC. Ce cow-boy, bien connu des amateurs du pocket RODEO a pour la quatrième fois les honneurs du format album en France (sans compter ceux de chez Erko) ce qui ne lui nuit en aucune manière mettant au contraire en valeur les très bons dessins concoctés pour la circonstance par José Ortiz sur un incroyable scénario de Claudio Nizzi.

L’aventure commence dans un train que Tex Willer et son compagnon Kit Carson ont pris pour se rendre plus vite dans la ville de Gallup. Mais ce train est plein de soldats chargés de convoyer un coffre-fort contenant leur solde justement située dans le fourgon postal, juste derrière le tender.

Or le convoi doit faire une halte pour se ravitailler en eau, dans un poste tout à fait isolé, à l’unique baraque gardée par le vieux Silas. Un groupe d’hommes vient alors subitement tenir compagnie au vieil homme et l’oblige, sous la menace, à s’occuper du convoi comme à l’accoutumée.

Le train arrive dans un bruit infernal de vapeur, dans un crissement aigu de freins et s’immobilise près de la citerne d’eau.

Pendant le ravitaillement, 2 hommes se glissent sous le 1er wagon de soldats et le décrochent du fourgon postal puis se glissent sur le tender.

Le jeune Lieutenant, responsable du convoi, descend du train, inspecte les environs, ne voit rien d’anormal et reprend son poste avec ses hommes dans le compartiment.

Le plein d’eau terminé, le train repart bruyamment, sifflet en action. Les autres bandits sautent alors sur la plateforme du fourgon postal pendant que les 2 hommes du tender menacent les chauffeurs de la locomotive.

Et voilà un hold-up parfaitement réussi.

La locomotive est déjà bien éloignée lorsque le vieux Silas donne l’alerte et que les soldats s’aperçoivent qu’ils ont été joués. C’est la stupeur, puis la colère et enfin la décision de se lancer aux trousses des bandits.

Et nos 2 héros ? Et bien ils se mettent également sur les traces des hors la loi, prenant la tête des opérations, au grand dam du jeune Lieutenant qui estime sa fonction bafouée.

Or au bout de quelques miles, les voleurs réussissent à semer leurs poursuivants. Dépité, le militaire retourne chercher des instructions dans sa caserne tandis que Tex Willer et Kit Carson continuent leur chasse à l’homme.

Pendant ce temps, les bandits sont loin. Ils font alors halte pour partager leur butin. Tous les sacs sont mis en tas, le partage est effectué en fonction de l’importance des tâches accomplies et l’un des hommes éventre les sacs pour contempler sa part. Mais ce ne sont que vieilles rondelles de ferraille qui se déversent à leurs pieds. Ils ont beau lacérer les autres sacs, c’est la même quincaillerie qui s’en échappe.

Que s’est-il donc passé ? Leur tuyau était-il percé ? Quelqu’un a-t-il trahi ?

Et c’est là que, d’une certaine manière, l’aventure commence vraiment. De rebondissement en rebondissement, de surprise en coup de théâtre, la lecteur va être mené à un train d’enfer (c’est le cas de le dire) à la poursuite d’une action qui, en outre, va avoir un dénouement des plus inattendu.

C’est vraiment un très bon album que nous a sorti la Semic, nous tenant en haleine d’un bout à l’autre des 230 pages qui le constituent. Le scénario de Nizzi est vraiment à la hauteur de sa réputation, ce que ne contrediront pas les habitués de ce western qui lisent depuis plusieurs années déjà les péripéties de ce ranger bien particulier.

Quand aux dessins d’Ortiz, ils s’intègrent tout à fait dans l’action, avec des noirs et blancs fort bien nuancés pour souligner une histoire dont le cadrage fait souvent penser aux western de Sergio Leone. De plus, l’un des protagonistes a vraiment un faux air de l’acteur Lee Marvin dans sa prime jeunesse.

Encore une belle réussite que nous a apportée la maison SEMIC.

Commentaires
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  • Visiteur Barnabé le 2 avril 2003 à 14:24

    Je suis content de voir que je ne suis pas le seul à apprécier ces albums géant de Tex.
    Beaucoup de place pour l’action, des dessins en noir et blanc terribles (surtout Colin Wilson), des scénarios pas mauvais du tout.
    J’ai beaucoup aimé moi aussi la fin du tome 4 : inattendue est bien le mot.
    Un seul reproche : le prix de ces albums : 15€ !

    • Visiteur Jean-Yves le 2 avril 2003 à 18:06

      Bravo à Barnabé qui sait apprécier un vrai et bon western avec une histoire très bien construite.
      C’est vrai que l’album dessiné par Wilson était très bien également. Mais il y en a bien d’autres que les italiens ont édités et qui ne sont pas encore sortis en France. Espérons que cela viendra peu à peu.
      Par ailleurs, 15 € pour 230 pages c’est quand même toujours moins cher que les albums qu’Erko est en train de sortir sur le même héros puisqu’il découpe le même genre d’histoire en 4 parties vendues séparément...
      A bientôt

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