Jessica Jones 2 9782809469516
Volume 2

Jessica Jones 2

Qui cherche à tuer Maria Hill, l’ex-directrice du S.H.I.E.L.D. ? Pour le savoir, Jessica Jones plonge dans les recoins les plus sombres de l’univers Marvel et fait une découverte des plus déconcertantes. Mystères, complots et révélations surprenantes sont au programme de ce nouveau chapitre des aventures de Jessica Jones, la détective emblématique de la Maison des Idées. Cet album est l’oeuvre de Brian M. Bendis (Civil War II), Michael Gaydos (Daredevil : Redemption) et Javier Pulido (She-Hulk).

Scénariste:

Chronique

Grâce au succès de la série Netflix, Jessica Jones revient sur les étagères pour une nouvelle mouture sobrement appelée comme la série télé. L’équipe créative originale est au complet pour narrer les aventures de cette détective esquintée et hors-norme de l’univers Marvel. Brian Michael Bendis au scénario, Michael Gaydos au dessin, Matt Hollingworth aux couleurs sans oublier David Mack aux couvertures. Une bonne odeur du label Max, branche mature de la maison des idées comme Vertigo chez DC Comics, où les aventures de cette héroïne pas comme les autres avaient débuté.

Troisième phase donc de la vie de Jessica, ex super-héroïne ratée, reconvertie en détective privée. La première étant la série Alias, la deuxième The Pulse et voici la troisième avec déjà deux volumes au compteur.

Qu’arrive-t-il à notre chère miss, dont la vie et le boulot sont toujours aussi compliqués ? Elle a démantelé un réseau d’activistes antihéros pour faire plaisir à sa grande amie Captain Marvel, quitte à détruire son environnement familial, enquêté sur le meurtre d’une pauvre femme qui a été assassiné par son mari venant d’une dimension parallèle à la suite des événements de Secret Wars et géré sa sortie de prison et une vie de couple qui bat de l’aile avec Luke Cage... Et tout ça dans le premier volume.
Pour ce second tome, quelle autre calamité attend notre chère Jess ? Tout simplement la meilleure espionne après Nick Fury, Maria Hill l’appelle à la rescousse. Un peu tombée en disgrâce, Hill est activement recherchée et poursuivie par des individus douteux qui cherchent rien de moins qu’à lui régler son compte une bonne fois pour toute.

Enfin Brian Michael Bendis redevient intéressant et plaisant à suivre. Après des chefs-d’oeuvre tels que Goldfish, Jinx, Torso et Alias, ce scénariste de talent s’était laissé happer par le "mainstream" Marvel. Comprenez l’appel du commercial qui paye bien, mais il avait en contrepartie perdu de sa superbe et de son talent. En s’enfermant dans des séries grand public, il en est devenu verbeux, longuet, en étalant ses story-arcs sur plusieurs numéros sans que ce soit nécessaire. En bref, l’étincelle n’y était plus et il était devenu très difficile de suivre, mois après mois, ses héros perchés sur les toits à discuter pendant de longs épisodes avant de faire quoi que ce soit.

Plus maintenant, car Bendis fait de nouveau des merveilles. Il mêle activement récit polar et d’espionnage pour cette nouvelle enquête de Jessica Jones. Qu’il est bon de voir ce personnage abîmé et désabusé arpenter le bitume, le caniveau et le côté sombre de l’univers Marvel. Le glauque s’invite chez la maison des idées, avec des ambiances en demi-teinte, la pénombre, les bureaux aux stores baissés, les salles d’interrogatoires, les entretiens à couteaux tirés avec la police. Un tête-à-tête entre des clients pas nets et un personnage principal qui l’est tout autant, il ne manque plus que le paquet de cigarettes et le bourbon pas cher pour relancer le ton et l’esprit du label Max. Revoilà du Bendis en grande forme et qui y arrive justement.

Jessica Jones reste l’élément central de cet album, toujours aussi allumée et à la limite de la rupture. Nous nous demandons jusqu’où elle peut bien aller avant de toucher le fond, car pour elle, le bonheur ne dure jamais longtemps. Les affaires auxquelles elle est mêlée ne sont qu’un prétexte pour suivre le destin de cette femme "borderline", mettre en avant son rôle dans cet univers et sa vision déglinguée de nos chers super-héros. Malgré un passage au second plan, l’histoire fait partie intégrante d’un tout et aide à la compréhension de Jessica. Taciturne et détestant Maria Hill, elle fera de son mieux pour découvrir qui se cache derrière ce complot. Mais, d’ailleurs, Maria Hill ne le sait-elle pas ? Pourquoi n’en a-t-elle alors aucun souvenir ? Du Bendis pur jus, qui construit son personnage avec une intrigue par petites touches et en révélations, pour maintenir le suspense.

Pour la partie graphique, Michael Gaydos est et reste le seul créateur à savoir dessiner Jessica Jones parfaitement. Son art est dans le contraste de noir le plus aboutit possible, d’une profondeur certaine. Artiste ayant fait les Beaux-Arts, son dessin respire la gravure. Le noir et blanc est très équilibré et son trait est aux antipodes des dessinateurs américains classiques. Préférant les ambiances urbaines, Gaydos est très à l’aise avec le côté "béton". Blousons noirs, pantalons, grosses chaussures, scènes de rue, planques dans les voitures, devantures d’immeubles... et bien moins avec les couleurs chatoyantes et les costumes bariolés types. Il aime une certaine représentation réaliste : ses femmes ne sont pas des mannequins, filiformes et à fortes poitrines. Les siennes sont un peu boulottes, avec des hanches, et son trait justement est anguleux donc pas de beaux visages de top-models ni de postures de défilés de mode. On est loin de tout ça, et c’est ce qui en fait justement le charme, dans Alias et Jessica Jones. Il est en de même pour la gente masculine.
Côté mise en page, on est dans du polar pur jus, avec des cadrages serrés, ses gros plans sur les visages et des arrière-plans omniprésents, le tout inondé par les phylactères remplis de dialogues chers à Bendis sans pour autant qu’ils nuisent à la lecture.
Notons qu’il a reçu l’aide pour quelques pages de Javier Pulido (dessinateur de Human Target), celles concernant la jeunesse de Maria Hill. Clairement influencé par le king Kirby, Pulido rend un travail très beau au style épuré, tendance âge d’or modernisé tout en classicisme.

Quand aux couleurs, Matt Hollingworth reste dans le ton de Michael Gaydos. Des couleurs sombres afin de respecter le travail du dessinateur, des tons ambiancés en demi-teinte, justement, avec très peu d’effets de brillance, ce qui apporte une grande richesse et renforce l’aspect visuel du titre, avec un petit côté poussiéreux, voire sale, dans certaines cases.
Pour les couvertures de David Mack, que dire de plus que ses aquarelles sont simplement superbes et sublimes. Que chaque "cover" est une oeuvre d’art, et est traitée et considérée comme telle.

Jessica Jones est donc redevenue une lecture indispensable de par l’esprit et le ton de ses premiers épisodes. Après des débuts explosifs avec Alias, un passage plus que mitigé dans l’univers classique Marvel avec The Pulse et les Avengers, la voilà enfin de retour sous de meilleurs auspices avec sa série éponyme.

Par Vincent Lapalus

1 édition

28 février 2018
Album 136 pages
ISBN: 9782809469516
EAN: 9782809469516
ASIN: 2809469512
Editeur: Panini Comics
Jessica Jones 2 9782809469516
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