Ange : On a voulu faire de la belle histoire d’aventure

Ange : On a voulu faire de la belle histoire d'aventure
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Publié le mardi 27 octobre 2009 par
MAJ mardi 27 octobre 2009 à 21h55min

Annoncé aux éditions Soleil pour le 28 octobre 2009, et visiblement très soutenu par son éditeur enthousiaste, le premier tome de la série Marie des Dragons nous avait mis la puce à l’oreille. Rencontré le jour de la Saint Enguerran au festival Quai des Bulles de Saint-Malo, la composante masculine du scénariste bicéphale Ange a bien voulu jouer au chat et à la souris avec nous, et lever une partie du voile qui entoure cette série prometteuse et originale. Voici le compte-rendu de cette rencontre très agréable.

Le premier album de la série Marie des Dragons va sortir le 28 octobre prochain. Pouvez-vous nous donner une petite idée de l’histoire ?

Ah ! Ce que l’on voulait faire, c’était voir si c’était possible, à notre niveau, avec notre expérience d’auteur, s’il était possible de faire une série comme en avait lues quand on était jeunes. On voulait quelque chose comme Thorgal, une grande série d’aventure, ou comme Indiana Jones, quelque chose qui fasse vibrer les gens comme nous on nous a fait vibrer quand on était jeunes. On s’est lancés dans Marie des Dragons avec Thierry Démarez, avec qui on avait déjà travaillé sur le septième tome de la geste des Chevaliers dragons. Lui-même, d’ailleurs, est un énorme fan de Thorgal.

Oui, ça se voit, même s’il possède son style propre.

Oui, c’était vraiment ce qu’on voulait. Et donc, Marie des dragons, c’est un peu un Thorgal au féminin, fait par nous, et pas par Van Hamme, et donc, la différence, elle est là. Et pour le reste, on a voulu faire de la belle histoire d’aventure.

Avec, tout de même, un univers particulier.

C’est un univers historique à 98%. L’histoire se passe en France, au Moyen-Âge. C’est l’époque des Rois Maudits, et, pour ceux qui ont lu l’œuvre de Maurice Druon, l’époque était ultra violente. Alors, bien sûr, Philippe Le Bel est un empereur, et pas un roi, il y a quelques petites choses comme ça, un peu étranges, mais c’est un aspect de l’histoire sur lequel je préfère garder pour le moment un peu de mystère.

Dans ce cas, revenons plutôt sur le personnage de Marie. C’est une jeune femme, une jeune guerrière.

Non, pas vraiment, c’est une jeune femme normale ! Il se trouve que son métier, c’est d’être guerrière et elle a eu une enfance plutôt difficile. Mais elle reste une jeune femme normale de son époque, comme pouvait l’être Jeanne d’Arc par exemple :). Ce premier album se passe à un moment de sa vie où les membres de sa famille ont disparus depuis quinze ans, et elle entrevoit la possibilité de les retrouver.

Il y a aussi deux hommes qui gravitent autour de Marie, deux homme complètement différents...

… mais complémentaires ! Il y d’abord a William, son frère d’armes. Il n’y a apparemment rien de sexuel entre eux. Ils se connaissent depuis quinze ans, et c’est une forme de quiproquo, puisque la relation entre un homme et une femme ne peut être que sexuelle, mais c’est un peu son double, comme Bill Ballantine est le frère d’armes de Bob Morane. D’ailleurs, le choix du prénom de William est, en partie au moins, une référence à Bob Morane.

Et Jean ?

Jean est un peu plus difficile à caractériser. Ce que je peux dire, sans trop en dire, c’est que Jean est plutôt le gardien de l’ordre, le chef des Templiers, avec la rigueur et la droiture qui vont avec.

Vous parliez tout à l’heure de Jeanne d’Arc à propos de Marie. Elle aussi possède quelques talents un peu particuliers ?

Oui, elle quand même un petit quelque chose. Disons qu’elle voit des choses que les autres ne voient pas forcément.

Le titre de la série fait référence aux dragons. Pouvez-vous nous en dire davantage ?

Parce que c’est un monstre fabuleux, un concept fabuleux. C’est un mot auquel on donne beaucoup de sens différents et qui fait travailler l’imaginaire, pas forcément limité au domaine de l’heroic-fantasy d’ailleurs. On le retrouve d’ailleurs dans un certain nombre de titres de séries de bandes dessinées.

Vous menez également, en parallèle, une carrière d’écrivain...

… je préfère dire d’écriveur. Écrivain, ça me paraît assez prétentieux et ça reflète finalement moins bien le travail qu’il y a derrière cette activité. Je me considère comme un artisan plutôt que comme un artiste.

C’est moins prétentieux ?

Oui. C’est ça.

Et donc, l’histoire de Marie des dragons ferait-elle un bon sujet de roman ?

Visiblement, oui. En tout cas, on en a parlé à notre autre directeur éditorial, celui des éditions Bragelonne, et il nous a demandé pourquoi on n’en faisait pas un roman chez eux. Mais, elle a d’abord été pensée pour la bande dessinée, et il aurait fallu rallonger, en quelque sorte.

D’autant plus qu’on y perdrait certaines références typiquement bd.

Oui, tout à fait. Par contre, on y gagnerait quatre cents pages pour décrire cet univers. C’est d’ailleurs tout le problème de la bd par rapport au roman. C’est très compliqué d’adapter un roman en bande dessinée. Le format des quarante-huit pages supporte mal ces adaptations.

Pour terminer, j’ai remarqué que le prochain tome va sortir vraiment très rapidement.

Effectivement, le second tome est prévu pour le printemps prochain, et le troisième tome pour l’automne 2010. Sur un an, les lecteurs auront donc en main les trois tomes de la série. Nous avons vraiment voulu tenir compte des nouvelles habitudes des lecteurs, et aussi celles des libraires.

Je suppose donc que le scénario des trois volumes est complètement bouclé.

Pas tout à fait. On sait où on va, on sait par où on veut passer. Mais après, on peut être amenés à modifier le plan en fonction de telle ou telle idée. On essaie de garder notre liberté, même si la structure de l’histoire est déjà déterminée, et changer au fur et à mesure en fonction d’idées nouvelles que le travail de Thierry Démarez pourrait apporter. Le scénario est livré par séquence, en partie parce qu’on travaille sur plusieurs projets en parallèle, et aussi parce que c’est un risque de livrer au dessinateur les 46 pages d’un seul bloc. Je comprends que ce soit parfois plus confortable, parce que ça donne le temps, ça lui permet de savoir exactement où il va, mais il n’y a plus de dialogue avec le scénariste, il n’y a plus d’échange et, finalement, cela nuit à l’album. Et pour nous, ça voudrait dire qu’on resterait tout seuls dans notre coin pendant deux mois, sans avoir aucune retour. Pour moi, c’est complètement inconcevable.

Et en ce moment, où en êtes-vous ?

Là, tout de suite, on en est à la moitié du deuxième tome, qui devrait paraître en avril 2010. C’est aussi grâce à Thierry, qui est capable de dessiner à ce rythme d’un album tous les six mois, il faut quand même le souligner.

Il est incroyable !

Oui, d’autant plus qu’il a une occupation professionnelle en dehors de la bande dessinée ! Et qu’il se trouve très bien comme ça. En même temps, je pense que le fait d’avoir un autre boulot à côté, ça l’aide pour la bd, dans la mesure où ce n’est pas seulement devant sa table à dessin ou son clavier qu’on peut travailler. En ce qui me concerne, le seul moment où je ne travaille pas sur mes scénarios, c’est quand je me rase la tête :). Je fais tellement attention à ne pas m’ouvrir le crâne que je ne peux pas penser à autre chose !

Hum ! Voilà une belle conclusion pour cette interview.

Oui, on le dirait bien !

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