Mech Academy 1 9782203165458
Volume 1

Mech Academy 1

Scénariste: Dessinateur: Takeshi Miyazawa
Parution: 2 mai 2018
EAN: 9782203165458

Pas facile de piloter un robot géant quand on a 12 ans…
Depuis maintenant 60 ans, des robots géants venus de l’espace descendent sur Terre pour se lier d’amitié avec les jeunes cadets de la Sky Corps Academy. Cette unité d’élite forme la ligne de défense contre les Shargs, belliqueuse race extraterrestre qui menace la Terre. Stanford Yu rêve de rejoindre ces héros mais il n’est que le fils d’une femme de ménage de la base militaire. Jusqu’au jour où un robot le choisit.

Chronique

Le comic a été durant un moment un genre moins représenté sur les étagères de nos libraires, dans nos contrées de culture franco-belge. Cependant, un certain nombre de succès phénoménaux ont poussé les éditeurs historiques à regarder Outre-Atlantique afin de sortir eux aussi leur gamme de comics. C’est le tour de Casterman de rentrer dans la danse avec sa collection Paperback et deux titres prometteurs. L’un d’eux, Mech Academy est scénarisé par le célèbre et talentueux Greg Pak, à qui l’on doit la fabuleuse Planète Hulk et dessiné par Takeshi Miyazawa, qui a collaboré notamment sur Spider-Man constitue.

L’histoire en deux mots :
Dans une base militaire, un général expose à un auditoire de cadets une histoire bien surprenante : il y a soixante ans, un robot géant s’est posé sur Terre et a choisi un jeune scout pour la défendre d’une terrible menace venue de l’espace : les Shargs. Depuis ce jour chaque année, ces Méchas choisit un cadet de l’académie pour défendre la planète bleue. Dans l’assemblée, le jeune Stanford, écoute avec passion cette histoire. Pourtant il n’est pas cadet, seulement technicien de surface, avec sa mère. Le jour de l’arrivée des nouveaux robots, Stanford se balade aux abords de la base quand une grosse plaque de métal lui barre la route. La prenant pour un déchet, il la ramasse, et découvre qu’elle appartient à un Mécha échoué juste à côté. Il la remet alors au robot qui le choisit alors comme pilote.
Le jeune homme qui rêvait de bataille et d’Espace se voit intégrer l’académie par la grande porte d’une des manières des plus surprenantes et va ainsi devenir l’un des futurs défenseurs de la Terre.

Le scénario
La trame de Mech Academy est une d’une efficacité redoutable, de prime abord basique elle soulève entre les lignes un certain nombre de questionnements. L’auteur parvient avec son personnage principal à parler au lectorat à la fois adolescent et adulte. En effet, il offre un protagoniste auquel les jeunes lecteurs peuvent facilement s’identifier par son âge et ses aspirations. Cependant, avec ce dernier, il n’exclut pas un public plus mature qui se reconnaîtra dans les valeurs défendues par l’adolescent et faisant écho à leurs rêveries de jeunesse.
En effet, le scénariste a réussi avec le personnage de Stanford à donner vie à un personnage véritablement attachant, véhiculant des valeurs positives grâce au courage dont il fait preuve, par exemple lors de la bataille contre les Shargs en aidant ses frères d’armes. Mais il se montre aussi loyal, débrouillard et rêveur, ce qui en fait un personnage extrêmement positif qui porte la série.
Greg Pak ne s’est pas contenté d’opposer un bouleversement brutal à son personnage, l’album est un véritable parcours initiatique où l’on suit pas à pas l’évolution de Stanford. Cette transition tout au long du récit permet d’étoffer le personnage et son histoire d’amitié avec le Mécha ce qu’il la rend crédible et sincère.
En effet, le scénariste a su retranscrire l’alchimie qui s’opère entre le jeune homme et la machine. On perçoit le choix évident du robot qui voit en une fraction de seconde les qualités morales du jeune homme lors de leur première rencontre. De plus on discerne l’affection du scénariste pour la bande dessinée japonaise dans cet , car il est impossible de ne pas penser aux grandes séries de manga relatant les exploits de robot géant comme Gundam. L’auteur se démarque néanmoins de ces exemples nippons en apportant une différence notable à la relation homme-machine, le Mécha étant ici présenté comme un compagnon et non comme du matériel militaire.
Même si le récit est principalement axé sur la rencontre entre le héros et son acolyte de métal, le scénariste a su créer une galerie de personnages en adéquation avec la qualité de l’histoire, comme à travers les autres cadets, à la fois amis et rivaux. Ces derniers vont être de véritables outils scénaristiques permettant l’évolution du personnage principal.
Les personnages adultes quant à eux reflètent certains rôles de la vie, comme celui de mentor pour le capitaine Tanaka qui va le prendre sous son aile, ou d’autres, comme sa mère qui rappelle que dans toute cette euphorie il y a des dizaines de dangers. Cependant le monde des adultes, dans ce tome, montre un aspect moins bienveillant avec le personnage du Général qui, par ambition et machiavélisme, va devenir un adversaire redoutable dans sa toute nouvelle vie.
L’ensemble des acteurs de l’histoire apporte un plus manifeste à l’intrigue, faisant que l’album n’est pas seulement réduit à une confrontation de géant d’acier contre des créatures extraterrestres.
Le scénariste est parvenu lors de certaines scènes à faire oublier l’aspect mécanique des robots, notamment lors de la reprogrammation du Mécha de Park. Ce procédé permet un attachement rapide à ces héros métalliques. Greg Pak, comme à son habitude, a signé un scénario remarquable qui évoluae sur plusieurs thèmes.

Le dessin :
Takeshi Miyazawa n’est pas un amateur dans le monde du comic, comme en atteste sa bibliographie conséquente. Avec Mech Academy, il parvient à conjuguer sa maîtrise du format américain et ses inspirations manga. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce cocktail détonnant est une réussite. On perçoit à chaque planche le plaisir immense que l’auteur a pu éprouver, notamment lors de la réalisation soignée des Méchas. En effet, il ne s’est pas contenté de faire des robots aux aspects différents, il a su pour chacun d’entre eux insuffler avec son trait un supplément d’âme qui les rend hautement charismatiques.
Chacune des conceptions de ces géants de métal est en corrélation avec le caractère de leurs pilotes, légitimant graphiquement leur alliance. En effet, celui du capitaine Tanaka dégage une prestance et une force incroyable égale à celui qui l’accompagne. Le dessinateur montre à travers chaque design que les Méchas ne sont que le prolongement physique des traits de caractère de leurs pilotes. De plus, Takeshi Miyazawa montre la joie immense qu’il a eu à créer des géants mécaniques à travers de grands dessins qui traduisent la puissance et la démesure de ces machines.
Les environnements sont tout aussi superbes, des déserts de l’ouest américain à la froideur des hangars, aucune fausse note graphique ne vient perturber l’immersion du lecteur. Le découpage est intelligemment employé en alternant planches contemplatives avec peu de cases, ce qui permet de voir la majesté des Méchas, puis des pages plus denses dépeignant la férocité des combats et regorgeant de détails démontrant une habilité incroyable.
Il parvient à retranscrire de belle manière, avec un trait plus nerveux lors des scènes de batailles, la fureur des assaillants de l’espace et toute la tension de cette confrontation pour ces apprentis pilotes. Le dessinateur a su rendre également l’héroïsme de Stanford lors des passages de sauvetages entre robots montrant les liens forts entre les différents pilotes. Ces scènes apportent de la tension au récit.
La réalisation des Shargs est tout aussi aboutie, le lecteur perçoit du premier coup d’oeil leur dangerosité et leur puissance. De plus leur monstruosité n’a d’égale que leur cruauté, faisant d’eux des adversaires de taille pour les robots de la Mech Academy.
Enfin, l’une des réussites du tome et sans nul doute la mise en couleur qui accompagne à merveille l’album. Les ambiances très claires aux nuances orangées du début du récit sont sublimes et confèrent à cette bande dessinée une atmosphère unique. De plus, chaque teinte accompagne la narration, se montrant douce pour s’assombrir lors des combats mais gardant en commun des pointes d’orange qui apportent une cohérence chromatique à l’album.
Takeshi Miyazawa réalise un tome pas somptueux, à la fois hommage à la culture japonaise avec ses Méchas et à l’ouest américain avec sa réalisation de son Arizona de fiction.

Avec Mech Academy, Casterman frappe un grand coup dans l’édition de comics. Avec ce tome, l’éditeur est entré par la grande porte en promettant une ligne éditoriale de qualité. Un album à mettre dans les mains des inconditionnels de robots géants, de comics et celles des amateura de scénarios profonds servis par de superbes planches.

Par Vivien Arzul

1 édition

2 mai 2018
Album 120 pages
ISBN: 9782203165458
EAN: 9782203165458
ASIN: 2203165456
Google Books Id: JeXHtgEACAAJ
Editeur: Casterman
Collection: Paperback
Mech Academy 1 9782203165458
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