Des Écrivains et des voleurs
Chroniques des Îles

Des Écrivains et des voleurs Critique de Vivien Arzul

Parution: 3 mars 2022
1 édition recensée
Une histoire complète pour le premier tome de cet univers foisonnant, à découvrir au travers de personnages forts en caractère et à des époques différentes à chaque fois, afin de mettre en exergue les véritables héroïnes de ces chroniques : Les îles.

L’invitation au voyage, les quêtes initiatiques et la magie sont des thèmes forts dans le neuvième art et sont à l’origine de grandes sagas du média. Frederico Chemello, Maurizio Furini et Riccardo Gamba pour le scénario et Cinzia di Felice ont choisi judicieusement de les associer pour nous proposer leurs Chroniques des îles, une bande dessinée à la croisée des genres.

L’histoire en deux mots :
Maffeo et Zarlo sont deux petits vauriens qui vivent de larcins et ont des ambitions bien différentes : l’un souhaite divulguer les secrets de la magie dans un livre tandis que l’autre compte bien profiter de la vie et des femmes. Ces deux ambitions opposées vont les mener dans une aventure rocambolesque à cent à l’heure.

Le scénario :
Les trois scénaristes nous offrent un récit en plusieurs étapes au rythme changeant, permettant de découvrir progressivement l’univers sans compromettre la compréhension de l’histoire.
Ils ont pour bonne idée d’allier la présentation du monde magique et une scène de course-poursuite qui plonge le lecteur directement dans le récit tout en présentant les deux protagonistes et leurs buts respectifs dans une introduction réussie. L’autre réussite indéniable de cet album est la représentation de l’amitié qui lie les deux compères avec lesquels l’on retrouve un peu les codes des buddy movies américains avec ces deux hommes diamétralement opposés, mais très attachants. Le rythme du récit est soutenu et fluide, les auteurs nous embarquent dans des courses poursuite, des combats d’arènes, de l’infiltration, de l’humour en utilisant tout cela au service de l’histoire.
Bien que le ton de l’album soit plutôt léger, notamment grâce au personnage de Zarlo qui se veut très drôle, surtout lorsqu’il évoque les femmes, les scénaristes ont choisi un final superbe prenant véritablement le lecteur à contre-pied, il en est presque cruel tant il offre de possible pour la suite.

Le dessin :
Cinzia Di Felice nous offre un dessin véritablement enchanteur, à mi-chemin entre le style réaliste et jeunesse, offrant ainsi une atmosphère unique à l’album. La dessinatrice nous donne un début de tome flamboyant avec des planches de course-poursuite particulièrement maîtrisées, fourmillant de détails qui soulignent l’urgence et la pagaille qui résultent de cette dernière.
Mais l’autrice excelle également dans les planches plus contemplatives, que ce soit en montrant la nature environnante ou la beauté d’un instant en ville. Les créatures créées lors de la bataille d’arène montrent la grande maîtrise de la dessinatrice dans le domaine ainsi que son grand travail de recherche pour nous offrir des bestioles surprenantes.
Elle s’est amusée à donner un petit côté érotique à l’album par l’intermédiaire des conquêtes de Zarlo, ce qui apporte une douce pause bienvenue sans être vulgaire pour autant.
Enfin et surtout la mise en couleur est remarquable du début à la fin et sublime le final enchanteur de l’album. Elle parvient à nous faire ressentir la puissance et le déchaînement des forces magiques mêlé à la colère de Maffeo renforçant le dénouement de l’histoire.

Chroniques des îles est une invitation au voyage presque trop courte, une petite pépite du neuvième art soutenue par un scénario montant crescendo avec un final particulièrement plaisant. Le dessin enchanteur est un appel à découvrir l’album ainsi que le travail de la dessinatrice ; celui des scénaristes n’est pas en reste avec un univers riche qui ne demande qu’à être encore plus dévoilé tant son potentiel semble riche.

Par Vivien Arzul.
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