Série Dai Dark 1 - 9782302095601

Dai Dark 1 Critique de Vivien Arzul

16 mars 2022 208 pages - Édité par Soleil

La série Dorohedoro est une œuvre qui a marqué le paysage du manga, que ce soit au Japon ou dans l’hexagone. Ce manga surprenant a su saisir les lecteurs et devenir avec le temps un incontournable de la bande dessinée japonaise.
L’autrice revient avec une nouvelle série à l’ambiance tout aussi singulière. Reste à savoir si cette nouvelle série de Q.Hayashida va s’imposer comme la précédente.

L’histoire en deux mots :
Sanko Zaha n’est pas un adolescent comme les autres. D’abord, il voyage accompagné d’Avakian son sac à dos et garde du corps dans les ténèbres du cosmos infini. Ensuite, il se raconte que les os du jeune homme exauceraient les vœux les plus fous. Voilà pourquoi toute la racaille cosmique souhaite le dépecer. Mais Sanko ne compte pas se laisser faire et n’hésitera pas à les désosser joyeusement, car, c’est bien connu dans l’espace, personne ne vous entend crier.

Le scénario :
Ce premier tome est un préambule à un récit séduisant et au potentiel intéressant. L’autrice segmentarise son premier tome en trois parties. Dans un premier temps, elle introduit intelligemment ses deux personnages et leurs capacités à travers un chapitre et une narration progressive. Elle présente simplement le lien qui les unis et en dévoile plus sur la personnalité de l’adolescent avec un flashback qui montre sa candeur en opposition avec son allure macabre.
La relation entre Sanko et son compagnon est très plaisante à découvrir, cette presque relation père/fils est véritablement bien mise en scène et le lecteur perçoit l’inquiétude que porte Avakian vis à vis du jeune homme, du moins dans ses jeunes années.
L’ambiance violente et décomplexée est un bonheur à découvrir, on sent lors de la lecture que la scénariste ne s’est rien interdit pour rendre son récit original sans perdre en cohérence.
La galerie de personnages est fantastique, elle a mis tout son talent dans la création de protagonistes hauts en couleur et chacun d’eux nourri merveilleusement l’univers tout en servant l’intrigue.
Ce qui frappe après la lecture de ce premier tome c’est l’immense champ des possibles qui s’offre au lecteur pour la suite. La scénariste, en trois petit chapitres, a su construire un univers incroyable avec une fin ouverte vers un prochain tome, résolument tourné vers l’action tout en glissant de nouveaux protagonistes pour enrichir le récit.

Le dessin :
L’immense point fort de ce premier tome est incontestablement le dessin. Il interpelle immédiatement le lecteur. L’ambiance glauque, sombre et morbide est un succès total.
Cette réussite commence dès la couverture, l’éditeur ayant eu la très bonne idée de la faire transparente, permettant de voir Sanko avec et sans sa peau de ténèbres et un visage souriant en opposition avec son obscure apparence.
Le coté lugubre est véritablement maitrisé, le lecteur se voit propulsé dans une ambiance inspirée d’Aliens ou de Dead Space qui fait véritablement froid dans le dos. Certains protagonistes quant à eux sont véritablement originaux comme les minisauliens, des créatures humanoïdes avec des têtes de seau pourvu d’une fantastique facilité à tuer.
Ces derniers sont représentatifs de l’atmosphère singulière du tome, entre le glauque et ce côté un peu naïf tout à fait plaisant. Les scènes d’action et de combats sont gores et jouissives, et l’autrice ne se limite en rien, multipliant les démembrements et autres joyeusetés. La dessinatrice s’est amusée à glisser dans ses planches bon nombre de références à la pop culture, comme sa transformation ou son vaisseau qui font penser au Super Sentai. Enfin, la mise en page est très réussie, la dessinatrice alterne subtilement planches riches et pleines pages pour donner du rythme et de la cohérence au récit.

Dai Dark est probablement un des futurs must have du manga avec son personnage charismatique et sa galerie de personnages au potentiel énorme. De plus, son ambiance singulière apporte une fraîcheur bienvenue dans le monde de la bande dessinée nippone et confirme le talent inégalable de Q.Hayashida.

Par Vivien Arzul

Notes des internautes: 5

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