Série Andraëlle - 9782302077447 © 2019 Soleil / Vincent / Ceyles / Godderidge

Série Archives de l’Okrane (Les)

Andraëlle Critique de Vivien Arzul

11 septembre 2019 - Album 51 pages - Édité par Soleil

La bande dessinée nous offre parfois des tomes à la croisée des mondes où l’on ressent au fil des pages les nombreuses références ayant inspiré les auteurs.
C’est le cas pour les Archives de l’Okrane chez soleil où Godderidge a su mêler de l’action, du fantastique et des éléments contemporains pour nous offrir un récit complet avec Ceyles au crayon.

L’histoire en deux mots :
Des archivistes tentent de lever le voile sur le passé mystérieux de Swendai Urvicham. Pourquoi cette jeune femme a-t-elle infiltré la ligue noire qui cherchait à déstabiliser le Principe en kidnappant sa fille ? Quelles sont les raisons qui l’ont poussée à sauver la fillette et à fuir avec elle et vivre une traque dangereuse ?

Le scénario :
L’histoire de ce premier tome pose les bases d’une intrigue extrêmement riche. Le scénariste multiplie les personnages et développe intelligemment une population avec sa hiérarchisation et ses machinations politiques.
Même s’il se révèle un peu difficile en début de tome de se faire à cette multitude de noms et d’informations, la fluidité s’installe et le lecteur se laisse laisse entrainer dans l’action.
Godderidge a centré son récit sur deux personnages féminins extrêmement intéressants avec des failles touchantes, ce qui donne aux lecteurs beaucoup d’empathie à leur égard. Par le biais de ces dernières, l’auteur évoque l’arrachement à sa terre, les relations entre indigènes et colons, mais aussi le manque de considération et d’amour pour les enfants de l’aristocratie.
L’immense point fort de son récit est dans son action débridée, l’album a tout d’un blockbuster avec des courses-poursuites effrénées, des fusillades ou encore de l’infiltration qui tient le lecteur alerte.
Mais l’auteur ne ce n’est pas contenté de faire la part belle à l’action, il a su avec beaucoup de justesse faire naître une relation de confiance progressive et sincère entre les deux héros, tout en n’oubliant pas de créer des antagonistes charismatiques et dangereux par leurs agissements, montrant par cet intermédiaire le régime totalitaire dans lequel ils évoluent.

Le dessin.
Il est évident que Ceyles a pris beaucoup de plaisir à dessiner ce tome et retranscrire l’action sans limite du récit. On le perçoit dès la couverture digne d’un film de Michael Bay avec cette explosion et l’hélicoptère menaçant sous fond de coucher de soleil.
Ce qui frappe lors de la lecture, c’est l’extrême expressivité des visages des protagonistes, qu’ils soient simple figurant ou au cœur de l’action. L’atmosphère du tome emprunte beaucoup aux comics avec son utilisation des aplats noirs et le personnage d’Andraëlle possède un petit côté baby-doll avec ses grands yeux et son visage de femme enfants.
Le dessinateur a su a l’aide d’un découpage intelligent retranscrire le rythme effréné du récit avec des planches fourmillant de cases et de détails pour rendre la tension palpable. Les scènes sanglantes sont particulièrement marquantes et impactent autant les personnages que le lecteur tant certains assassinats sont froids et dénués de remords.

Ce premier tome des Archives de l’Okrane pose les bases de multiples intrigues intéressantes qui ne réduisent pas l’album a une suite de scène d’action. Les auteurs on su livrer un premier tome d’excellente facture qui invite à la découverte de la suite rapidement.

Vivien Arzul

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