Série Alban - 9782344019443

Alban Critique de Vivien Arzul

20 juin 2018 - Album 56 pages - Édité par Glénat

La bande dessinée jeunesse est riche de nombreux titres, qui pour certains sont mythiques. Ces albums sont souvent la première porte d’entrée dans le monde des bulles. Pourtant il est difficile d’accrocher ce lectorat exigeant qui change constamment. Grégory Saint-Félix, déjà auteur de Battle toys retente l’expérience en compagnie de Raphaël Drommelschlager, pour offrir une histoire de pirates, où enfants comme adultes trouvent leur compte dans une aventure épique et haletante.

L’histoire en deux mots
Au beau milieu de l’océan, alors qu’une bataille fait rage entre deux navires, deux prisonniers à fond de cale sont spectateurs de ce sanglant spectacle. Les deux compagnons d’infortune vont profiter du tumulte ambiant pour s’échapper et s’emparer d’un mystérieux coffre.
Bien des années plus tard l’un d’eux refait surface afin de trouver un équipage pour mettre la main sur un fabuleux trésor au-delà des mers. Alban, jeune noble rêvant d’aventure, va se retrouver au centre d’une épopée fabuleuse qui l’entraînera au bout du monde où la magie et la superstition côtoient le danger et l’imprévu.

Le scénario
Raphaël Drommelschager réussi avec cet album un cocktail détonnant, il intègre dans son scénario bon nombre d’éléments qui font de ce tome un album d’une richesse scénaristique incroyable. Cela permet différents niveaux de lecture afin de cerner tous les éléments du récit. Avec ce procédé le scénariste s’adresse à tous les lectorats qui s’émerveilleront durant cette fabuleuse épopée.
De plus, l’auteur utilise à bon escient tout au long de l’album le vocabulaire et le folklore de la piraterie, immergeant ainsi totalement le lecteur dans son récit. Les personnages qui parsèment le tome sont intéressants et charismatiques et sont le reflet de chacun d’entre nous à travers les valeurs qu’ils véhiculent. Que ce soit avec le courage fou d’Alban ou la peur humaine de Jao dans certaines situations, ils sont le véritable miroir des émotions des lecteurs. Le scénariste parvient à rendre chaque protagoniste fascinant, en insistant sur un aspect de leur personnalité qui reste en tête tout au long de la lecture, démontrant un long travail de recherche. Raphaël Drommelschager marque bien la différence entre les adultes et les enfants : d’une part l’avidité et la perfidie des adultes et d’autre part l’innocence des enfants dans cette chasse au trésor mystique.
La note de fantastique ajoutée à l’histoire apporte un plus indéniable au récit et colle parfaitement à l’ambiance. Vu que chaque histoire de pirates est emplie de légendes et de superstitions, le scénariste en a fait un fil rouge passionnant qui relance totalement la fin du tome.
Enfin, la relation entre Alban et sa mère est très belle et apporte un peu de douceur dans ce tome à cent à l’heure, ce qui permet au lecteur de souffler tout en s’attachant davantage au jeune garçon. Raphaël Drommelschager est parvenu à réaliser une aventure avec un grand A, où le lecteur se laisse embarquer de cases en cases, en suivant, à en perdre haleine, les aventures d’Alban.

Le dessin
Grégory Saint-Félix revient après Battle toys au pinceau d’une série ambitieuse à la hauteur de son talent. Le dessinateur s’est sublimé pour rendre un album graphiquement très réussi. Avec son trait entre le manga et le franco-belge il donne un nouveau souffle à l’univers de la piraterie tout en utilisant ses codes. Le style du dessinateur, très marqué jeunesse, n’entache en rien l’immersion dans cette conquête formidable. En effet, le graphisme avec un style nerveux par moments et des personnages charismatiques sont en adéquation avec la direction de la trame. Grégory Saint-Félix a pris un soin particulier pour la réalisation de ses personnages afin que le lecteur perçoit chacune de leurs émotions et leurs personnalités. Le moins que l’on puisse dire c’est que le dessinateur a su animer ses personnages à la perfection, il arrive à rendre palpable les sentiments de chaque protagoniste. Que ce soit l’émoi d’Alban auprès de sa mère ou la détermination de Jao pour changer de vie, tout est retranscrit justement tout au long de l’album donnant un supplément d’âme à chacun des acteurs de l’intrigue.
Cependant, le dessinateur n’apporte pas uniquement du soin dans la réalisation de ses personnages, il prouve son grand travail de recherche tant la reproduction des navires, accompagnés de nombreux détails, est remarquable. Les scènes d’action sont palpitantes et regorgent d’éléments en arrière-plan qui renforcent la richesse graphique du tome et invitent le lecteur à revenir sur chaque case afin de découvrir toutes les subtilités graphiques.
L’aspect fantastique de l’album permet au dessinateur de sortir de sa zone de confort et de donner à son trait des côtés effrayants par moments et il parvient justement à coucher sur papier le côté dangereux de la malédiction. Cependant l’immense point fort graphique de l’album est dans sa mise en couleur absolument sublime où les jeux de lumière et de clairs-obscurs confèrent une ambiance unique au tome, tout en soulignant des éléments du récit, comme c’est le cas avec la découverte du trésor.

L’île au diable est une véritable aventure dessinée qui ravira petit et grand, avec une action à couper le souffle et des personnages attachants et fascinants. Les deux auteurs ont su donner le meilleurs d’eux-mêmes pour livrer un tome qui a tout pour s’imposer comme un standard de la bande dessinée jeunesse, avec un dessin et une histoire au diapason pour faire vivre au lecteur une chasse au trésor aux fabuleuses teintes fantastiques .

Par Vivien Arzul

Notes des internautes

0 vote
En attribuant une note aux ouvrages que vous avez lus, même si vous le faites anonymement, vous contribuez à l'utilité du site Bande Dessinée Info. Nous vous en remercions.
Mode anonyme: Une seule note par adresse IP
Mode connecté: Une seule note par compte, modifiable à volonté
Dans la même série
A lire également