Série Lady Mechanika 5 - 9782344030172

Lady Mechanika 5 Critique de Vincent Lapalus

17 octobre 2018 - Album 112 pages - Édité par Glénat

Mechanika City, ville fantasmée d’une Angleterre à l’époque victorienne. Mechanika Lady, détective privée et amnésique, belle sans mémoire dont les membres inférieurs et supérieurs ont été remplacé par des prothèses d’un nouveau genre en cette fin du dix-neuvième siècle en pleine révolution industrielle. La science s’arrête à l’ère de la vapeur et un savant fou transcende la machinerie et l’humanité.

Enquêtrice exceptionnelle pour des enquêtes qui ne le sont pas moins, la Lady a déjà entamé des recherches sur son passé et sa captivité. Elle a affronté un riche industriel malveillant, récupéré des tablettes mystiques, mené des investigations sur la disparition d’enfants et pour finir est partie au Mexique y combattre les cavaliers de l’Apocalypse. De retour dans la cité, elle est de nouveau sollicitée sur une affaire de meurtres de génies et de savants. Les victimes sont littéralement coupées en deux d’un seul geste. Elle n’est pas seulement investigatrice mais aussi fortement suspectée par les forces de Police car de tels actes ne peuvent être perpétrés par un simple humain et Mechanika ne l’est pas justement. L’investigation qu’elle mènera avec son ami Lewis servira à prouver son innocence, trouver le coupable et faire la rencontre d’autres "sujets" d’expérimentation comme elle. La recherche de ses origines n’est pas terminée ; au contraire,elle vient juste de commencer avec ce cinquième tome.

Joe Benitez a trouvé un espace de rêve pour y développer son savoir-faire au crayon et un domaine graphique où l’on sent l’artiste totalement à son aise. Concernant le canevas scénaristique de la série, Benitez seul au départ, l’histoire est assez accrocheuse mais en toute somme très banale, le déroulé peut même être parfois assez long. Aidé ensuite par Marcia Chen (tome 3 et 4), l’action va un peu plus vite et l’intrigue est bien mieux ficelée. L’histoire est plus travaillée et le tout gagne en qualité. Pour ce tome 5, le script reste assez sobre pour cette bande dessinée de gendre. On comprend assez vite les enjeux, mais l’épisode bonus en fin de volume relance tout de même la “machine” et on attend la suite de ce récit qui se fond dans le genre littéraire qu’est le steampunk, avec un personnage central assez stéréotypée. Le canon de beauté au passé trouble, femme fatale mais qui ne lâche jamais prise et qui résout au final chacune de ses missions... jusqu’à l’habituel génie dément “invisible” à l’origine de cette révolution industrielle. En bref tous les ingrédients sont là, on reste dans une construction d’intrigues bien menée mais assez simple.

Ce qui fait la l’intérêt de cette bande dessinée, et qui surtout frappe le lecteur, est sa richesse graphique. Joe Benitez est tout simplement hallucinant de maîtrise, l’homme sait très bien dessiner les femmes et les mettre en valeur sur le papier. Le ton et l’ambiance sont parfaits, les costumes, les hauts de forme, les lunettes, les machines, les bâtiments, les intérieurs, les mécanismes... ce monde de vapeur est le terrain de jeu idéal pour Benitez, un univers qui lui tendait les bras. Et il le prouve avec énormément de brio et d’habileté dans son art et sa mise en forme, assisté en cela par Martin Montiel pour une aide ponctuelle au dessin et Seth Sotelo aux couleurs.

Lady Mechanika reste malgré tout un agréable moment de lecture, doux par son récit mais surtout gracieux par sa qualité du dessin.

Par Vincent Lapalus

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