Série Il faut flinguer Ramirez - Acte 1 - 9782344011881

Il faut flinguer Ramirez - Acte 1 Critique de Vincent Lapalus

30 mai 2018 - Album 144 pages - Édité par Glénat

Falcon City, Arizona, les années 80. Jacques bosse à Robotop, Jacques est l’employé modèle et vendeur/réparateur d’aspirateur. Jacques est aimé de tous ses collègues. Jacques est le meilleur, il peut tout réparer et c’est pour ça que ses supérieurs l’aiment. Mais surtout Jacques est muet. Il mène une petite vie tranquille et rangée, la discrétion incarnée et collectionne divers trophées dans son petit logis. Jacques pleure le soir quand il est seul, Jacques a un gros bobo à son coeur car la femme qu’il aimait tant l’a quitté. Mais un jour tout va partir en vrille pour Jacques...

Polo et Raymond, deux putains de mexicains qu’il ne faut pas trop faire chier venus de Paso Del Rio rentrent dans la boîte où bosse l’ami Jacky, passant la frontière afin de ramener un mixeur qui n’a fonctionné que trois fois et leur a coûté un bras. Et là, stupeur ! pour ces deux crapules, ils reconnaissent en Jacques le pire nettoyeur mexicain ex-employé par leur boss Rodriguez. Eh oui, Jacquo n’est autre que la légende des assassins de Ramirez le dingo. Jacques s’est retiré des affaires et est devenu le top du vendeur d’électroménager d’Arizona, une belle couverture pour vivre paisiblement et passer sous les radars. Les deux lascars décident de prévenir leur patron de cette découverte, qui s’empresse d’envoyer des renforts à ses hommes de mains. Malheureusement, Polo et Raymond se feront dézinguer dans leur caisse et d’une manière nette et sans bavure par une belle soirée au magnifique soleil couchant typiquement américain. Tout ça sans un bruit, au beau milieu d’un lotissement lui aussi typiquement américain, un vrai travail de pro. Le retour de Jacquo le dingo ? Qui sait ?

Le lendemain l’ami Jacky se rend au travail pour faire fonctionner le nouveau modèle d’aspirateur qui fait la fierté de l’entreprise. Une équipe de Mejicanos super-vénère déboule, pénètre dans la dite entreprise. Fuite de gaz, Robotop explose mais Ramirez s’en sort.
Chelsea et Dakota complètent le casting, deux nénettes totalement allumées, actrices et accessoirement braqueuses en cavale qui ont la brillante idée de voler une banque lors de l’explosion Robotop, ainsi que la R5 de Jacques mais avec Jacques à l’intérieur. La cavalcade démarre et ne s’arrêtera plus jusqu’à la dernière page. Courses-poursuites, balles qui fusent, nanas en furie, mexicains teigneux et revanchards, morts violentes où tout s’entremêle et s’entrecroise dans un joyeux bordel organisé. Du road-movie jubilatoire pur jus pour cette bombe atomique éditée chez Glénat.

Nicolas Petrimaux, artiste inconnu déboule avec son missile Ramirez de 144 pages d’ont ne sait où et fracasse tout sur son passage. Il ne tape pas du poing sur la table mais en pète carrément le plateau au lance-roquette. Premier job pro, et il faut reconnaître, coup de maître. Tout n’est que régal et pur plaisir dans ce livre, du scénario déjanté empruntant au film de buddy movie des eighties, produits par paquet de dix en ce temps-là, jusqu’au dessin élégant, fin, dynamique en passant par sa mise en couleur dans les tons reflétant l’époque. Du bleu, du violet, des rouges aux oranges du soleil couchant tout est nickel. Gauffrier millimétré jusqu’à la mise en page ciselée, un boulot hallucinant de “nettoyeur”. Rythme, puissance et dynamisme pour une bande-dessinée chiadée et stylisée. Mais de quelle planète débarquez-vous monsieur Petrimaux ?

Les pubs ringardes saturant nos postes de télévision, les fringues, les pancartes géantes sur les toits, les bagnoles, en bref un beau moment de nostalgie où tout respire les années 80, quand écouter du Jackson sur cassette audio, rouler en R5 tout en portant la “stache” à la Magnum signifiait encore quelque-chose en ces temps immémoriaux... la coolitude et la topissitude à leur zénith. Un grand merci, Nicolas !

Cette série se déclinera en trilogie, alors passer à côté serait une grave erreur. En espérant que la suite soit surtout à la hauteur de l’attente, sinon la déception n’en sera que plus grande.

Par Vincent Lapalus

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