Série Flair de cocker - 9782505062127© 2015 Dargaud / Cric / Verron / Veys

Série Boule & Bill

Flair de cocker Critique de Lionel Dekanel

20 novembre 2015 - Album 46 pages - Édité par Dargaud

Douze ans après avoir repris la série, Verron ne chôme pas puisqu’il nous propose déjà son huitième album des aventures des deux rouquins les plus célèbres de la bande dessinée. Avec l’aide des fidèles Cric et Veys pour les scenarii. Toute la petite tribu réunie autour des deux amis est toujours là, les parents, la 2CV, la tortue Caroline, le copain Pouf, la petite copine de Boule, Noisette, sans oublier le facteur ou le boucher, chacun dans une brève apparition. Vingt-six ans après sa création, la série a su garder sa fraîcheur et sa naïveté, même si Verron l’a faite entrer dans le 21e siècle avec l’arrivée d’Internet.

Une modernité néanmoins distillée à doses très homéopathiques, heureusement. Ainsi, dans ce nouvel album, on ne voit Boule qu’une seule fois avec son téléphone portable, quand il s’aperçoit avec horreur qu’il n’y a pas de réseau à la montagne, là où la famille est venue passer quelques jours de vacances. Un gag téléphoné (oui, je sais, facile celle-là) mais qu’il fallait bien faire à un moment ou à un autre. Sur une autre page, c’est Boule et Pouf qui sont en difficulté avec un jeu sur tablette avant que Bill ne vienne faire montre de sa dextérité auriculaire.

Un tiers de l’album se déroule à la montagne, avec l’inévitable tout autant que nécessaire propos écologique, un duo de chasseurs-viandards faisant les frais de la fibre verte de nos petits héros, ce qui ne peut que nous réjouir. Par ailleurs, pour des citadins comme Boule & Bill, la montagne se révèle pleine de surprises pas toujours agréables, Bill en faisant le plus fréquemment les frais vu qu’il a l’art de se mettre dans des situations impossibles plus souvent qu’à son tour. Sur l’ensemble de l’album, les gags sont de qualité inégale, mais il n’est pas toujours facile de se renouveler dans l’exercice de la facétie en une page.

Il y a cependant quelques franches rigolades, quand Caroline est verbalisée pour excès de vitesse, quand elle joue à « tortue vole » avec Bill, quand Boule se la joue romantique avec Noisette au drive-in improvisé, quand Caroline va à la pêche aux tranches de concombre ou quand Boule & Bill tentent d’expliquer aux parents pourquoi la maison familiale ressemble à un champ de bataille. Verron se lance même dans l’humour noir (enfin, noir, tout est relatif, gris serait plus juste) pour 2 gags se déroulant pendant Halloween. Personnellement, j’adore.

Le pari peut paraître osé pour une telle série, mais entre la télévision et Internet, j’imagine que les gosses ne doivent plus être vraiment pris au dépourvu par ce genre de thème. D’autant que ça reste quand même très bon enfant, Verron ne fait évidemment pas dans le gore. Indéniablement, Boule & Bill reste une valeur sûre de la bande dessinée. Avec son expérience, Verron s’est depuis longtemps réapproprié le style de Roba. Son dessin est même peut-être plus fidèle à celui du créateur de la série aujourd’hui qu’il ne l’était voilà une douzaine d’années. Ce qui ne l’empêche pas de faire parfois preuve de réalisme, notamment pour les gags se déroulant en montagne avec de beaux décors et des bouquetins et chamois bien rendus.

Attrait supplémentaire pour les aficionados de la série, l’album, du moins pour sa première édition, je ne sais pas ce qu’il en sera des suivantes, propose une planche de dix stickers représentant Bill dans diverses positions tirées du dessin animé 3D diffusé depuis fin janvier sur France 3. Le genre de petit cadeau éditorial qui fait toujours plaisir.

Lionel Dekanel

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