Série Carrefour (Le) - 9782818932391© 2016 Grand Angle / Floc’h / Fontaine / Charlet

Oneshot

Carrefour (Le) Critique de Vivien Arzul

30 mars 2016 - Album 110 pages - Édité par Grand Angle

Les histoires ayant pour vocation de raconter des drames quotidien sont monnaie courante dans le paysage du Neuvième Art. Pourtant, peu d’albums arrivent à traiter ces sujets avec justesse. C’est néanmoins la tâche ardue à laquelle le talentueux Arnaud Floc’h s’est attelé avec le Carrefour. Pour illustrer son histoire poignante, il est accompagné de Grégory Charlet, qui revient cinq ans après son dernier album, un dessinateur très habile qui notamment travaillé sur la prestigieuse série Le Maître de jeu. Le duo nous propose une enquête intime sur le passé d’un personnage attachant et mystérieux.

L’histoire en deux mots :
Nous sommes en 1968, alors que la France est bouleversée par les événements. Elias Baumer, un assureur consciencieux, se rend à Yvette-sur-Loing. Ce petit village paisible est tristement connu pour son carrefour meurtrier, et Elias s’y rend pour faire l’expertise d’un accident d’autocar dramatique qui a coûté la vie à une quinzaine d’enfants. Cependant, il va délibérément mettre de côté cet accident pour porter son attention sur un drame qui s’est passé treize ans auparavant. A travers son enquête et les confessions des habitants, Elias va en apprendre plus sur un passé qui le torture et l’obsède. Sa fille va le rejoindre pour tenter de comprendre pourquoi il a choisi cette affaire dans ce village, où la vie de leur famille fut bouleversée.

Le scénario :
Arnaud Floc’h à su dépeindre avec retenue et concision l’histoire d’un homme marqué à vif par une tragédie accablante que le personnage porte sur ses épaules. De plus, le choix d’utiliser l’enquête pour suivre la progression du personnage dans ce village de taiseux est une vraie bonne idée. Cela permet au lecteur une immersion plus importante, en tout restant tenu en haleine jusqu’à la fin de l’album.
Le scénariste à su avec exactitude décrire des personnages d’une vraie profondeur. En effet, chaque protagoniste que découvre le lecteur recèle des éléments qui le rend attachant et intriguant. A travers cette investigation, il a su retranscrire avec succès l’atmosphère de ce village résonnant comme un sanctuaire, où le silence des habitants apporte une dimension presque mystique à ce carrefour. Enfin, avec la description de la relation entre Elias et sa fille, Arnaud Floc’h à su avec adresse inclure un fil rouge qui garde le lecteur attentif à cette histoire admirable.

Le dessin :
Grégory Charlet nous livre un album de très bonne facture, son style graphique est en adéquation totale avec l’histoire. Il se dégage de son dessin une douceur palpable qui contraste avec le thème sérieux et difficile de l’album. En plus de cela, son graphisme apporte une certaine fragilité, un plus indéniable lors des scènes touchante. Cette douceur du trait est appuyée par une mise en couleur harmonieuse, le travail de l’auteur sur les ombres est également d’une qualité stupéfiante. L’auteur à su retranscrire à merveille l’environnement des années soixante-dix, grâce notamment à un travail de documentation important, qui se voit particulièrement dans le soin apporté à la reproduction fidèle des véhicule de l’époque, même si là où le dessinateur fait parler tout son talent, c’est dans la réalisation des décors et des paysages qui sont absolument somptueux tout au long de l’album.

Le carrefour est un album merveilleux, avec son atmosphère particulière qui en fait une bande dessinée très réussie et maîtrisé remarquablement. On a très vite envie de replonger dans cette ambiance fabuleuse et saisissante tant le scénario est riche.

Vivien Arzul

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