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Retour de Pénélope (Le) Critique de Arnaud Lamy

Série Vermines
12 septembre 2014 - Album 104 pages - Édité par Requins Marteaux (Les)

Le pitch  : Il y a dans ce monde des êtres qui grouillent et qui s’agitent. Ils rampent, grattent et pullulent. Ils se reproduisent et se répandent partout. Mais au fond, ils sont comme nous. Ils aiment, souffrent et mangent des andouillettes. Bref, ce sont des êtres vivants. Vermines est un projet de série BD qui est né dans le journal Ferraille Illustré en 2004 à la demande de Winshluss, son rédacteur en chef de l’époque. Ce premier tome raconte tout un tas d’histoires qui s’entremêlent et se mélangent adroitement. Il y a Gégé artiste peintre en devenir depuis longtemps, Markoz écrivain en manque d’inspiration, et surtout Pénélope, chanteuse à succès qui revient à Blattaville pour réveiller quelques vieux souvenirs. Cette série observe attentivement l’existence misérable d’un petit milieu artistique de province. Vermines est un hommage appuyé aux cartoons des origines, aux romans les plus noirs de la littérature américaine.

Blattaville est une ville comme les autres, ou presque ! On y trouve toute la quintessence des rebuts de la société, dans un endroit de psychologie de comptoir, à savoir, le bistrot du coin. Le zinc est assez mal fréquenté dirons nous, se croise le petit caïd à l’enfance difficile, les putes, les artistes ratés ou qui s’ignorent, et bien d’autres. Le scénario est axé sur trois personnages principaux : Gégé, un artiste en éternel devenir qui attend que la gloire l’emporte ; Marcoz, écrivain à ses heures perdues et roi de la cuite ; la belle Pénélope, starlette de la chanson, qui fait un retour aux sources dans sa ville natale, qu’elle a quitté pour une sombre histoire. Le scénario est caustique, parfois cruel et toujours avec un humour décapant, Marc Pichelin nous livre une satire sociale grinçante, ironique et parfois cynique. On s’adosse au comptoir, on prend une tournée et on ne perd pas une miette de cette galerie de personnages, qui comporte un ou deux clins d’œil, notamment les artistes locaux Cizaille et Vanshluss en hommage à Cizo et Winshluss.

Du point de vue graphique, Guillaume Guerse utilise un trait rempli de détails, le décor est soigné. Il excelle dans l’art de la zoomorphie, ses personnages ont des expressions telles qu’on oublie presque le fait que ce soit des insectes. La colorisation est également un plus, qui permet le coté un peu décalé de l’album.

Ce premier tome a mis presque 10 ans à voir le jour. Dire que les auteurs ont prix leur temps et ont mis le meilleur d’eux-mêmes dans cette aventure n’est pas fortuit, on embarque dans un monde cohérent, qui laisse présager une suite aux voix multiples. Espérons simplement qu’il ne faille pas attendre une dizaine d’années pour goûter au plaisir d’une suite…

Par Arnaud Lamy

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