Série Colosse d'ébène (février 1916) (Le) - 9782756062860© 2016 Delcourt / Corbeyran / Brizard / Le Roux / Goulven / Chevallier

Série 14-18

Colosse d’ébène (février 1916) (Le) Critique de Vivien Arzul

18 mai 2016 - Album 48 pages - Édité par Delcourt

Depuis quelque temps, les éditeurs multiplient les séries commémoratives sur la Première Guerre mondiale. Les Editions Delcourt ont fait le choix d’une série ambitieuse sur ce thème important, et pour cela c’est Eric Corbeyran qui a la lourde tâche de relater cette histoire, dans l’Histoire. Ce scénariste prolifique n’est pourtant pas coutumier de ce genre de récits. Il choisit avec cette série de donner un visage à cette guerre terrible en contant les aléas de huit soldats venant du même village, durant les quatre ans de la Grande guerre.

L’histoire en deux mots :
Voilà une année et demie que les huit amis survivent aux premières batailles du conflit. En ce début d’année 1916, les voici confrontés cette fois-ci à l’enfer de Verdun.
En effet, les Allemands ont pour ambition de faire déferler une tempête d’obus dans cette zone afin d’anéantir les forces françaises. Cependant, ces dernières peuvent compter sur le renfort des colonies.
C’est dans ce contexte particulier que l’histoire s’articule autour d’Arsène, qui voit d’un très mauvais œil cette assistance qu’il méprise. Alors que certains fraternisent avec les tirailleurs, Arsène n’a de cesse de les brimer à s’en rendre ridicule. Puis les ordres tombent et l’escouade d’Arsène doit éviter la prise du fort Douaumont.
Il va s’ensuivre des combats sanglants et meurtriers. En effet, le groupe d’amis mettra tout en œuvre afin d’éviter l’avancée allemande. Arsène va connaître, à travers cette bataille, les jours les plus éprouvants de la guerre qui l’affecteront au plus profond de son âme.

Le scénario :
Ce nouveau tome de la série 14-18 n’aborde pas seulement les terribles combats rythmant le conflit, et c’est là son intérêt primordial. Le scénariste traite notamment du rôle des femmes dans l’effort de guerre en les montrant s’épuiser dans les usines. Eric Corbeyran aborde aussi avec beaucoup de justesse l’arrivée de cette force venue d’Afrique. En effet, il relate avec authenticité leurs déracinements et leurs incompréhensions dans cette guerre qui ne les concernent pas, à travers leurs discussions avec les autres soldats.
Enfin, le focus sur Arsène est très intéressant car il dépeint une certaine mentalité de l’époque, et son évolution malheureuse à travers l’album lui donne un aspect touchant qui désarme le lecteur.

Le dessin :
Etienne Le Roux rend un album de très bonne facture, avec une couverture superbe qui fait penser aux illustrations de l’époque. Son trait sublimé par une mise en couleur soignée sert à merveille le récit. Il dépeint parfaitement l’environnement des soldats lors de leur quotidien à l’arrière. De plus, le dessinateur rend les scènes de combat immersives et prenantes.
Enfin, il sait insuffler à ses personnages comme un supplément d’âme qui les rendent touchant dans cet effroyable conflit.

Avec cette série, les auteurs rendent un vibrant hommage à ces héros ayant donnés leurs vies pour leurs patries respectives. Enfin, cette histoire s’orientant autour de ces huit portraits permet aux lecteurs de découvrir différemment la Grande guerre.

Vivien Arzul

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