Série Renato Jones - Les un % - 9782355743221© 2018 Akileos / Andrews

Série Renato Jones

Renato Jones - Les un % Critique de Vincent Lapalus

14 février 2018 - Album 176 pages - Édité par Akileos

Renato va chez les beaux.
Renato va chez les riches.
Renato y va pour distribuer des "mornifles" et faire de gros bobos.
Renato y va pour secouer la "niche".

Fort de son succès récent chez Marvel avec le personnage d’Iron-Fist, qu’il a écrit, dessiné, encré et colorisé rien de moins et ce qui est assez rare chez cette grande maison qu’est la Merveille pour un artiste, Kyle Kaare Andrews récidive mais cette fois pour une création originale, éditée chez Image à compte d’auteur.

De quoi ça parle ? Eh bien imaginez une célèbre chauve-souris qui après avoir passé des années à l’étranger pour s’entraîner, revient donc combattre un riche monsieur corpulent très méchant comme l’ennemi d’un célèbre justicier aveugle d’un quartier populaire new-yorkais. Lui-même riche et à l’abri de mener une existence en toute somme banale, il va pourtant partir au contact contre sa propre classe sociale. Les 1 % qui dirigent le reste du monde, les "blindés" et les "pétés de thunes" qui ne se soucient guère de la classe moyenne ou pauvre (autrement dit nous). Renato, à l’aide de son militaire de major-d’homme, établit une liste des influents à dessouder au plus vite mais surtout pour le bien commun. Et nous voilà donc partis pour un long voyage séquentiel mené tambours battants par l’un des créateurs les plus allumés de la stratosphère comics.

Par moment ça va vite, par moment ça ralentit légèrement, mais le récit est quasiment mené à donf par l’artiste. Pas de gros temps morts, le Freelance comme il est appelé, fait tomber sa punition divine comme un ange vengeur sur tous ces bourgeois qui osent tout se permettre, passant au dessus des institutions et autres principes moraux. Normal ! Ils sont au dessus de ça, ils peuvent se le permettre. Un bouquin anticapitaliste, on n’aime pas ces gros cons et on apprécie même de les voir se faire dessouder à tout va et surtout sans culpabiliser. Ca reste de la bd, on ne fait de mal à personne...et c’est très libérateur.

Donc Kaare Andrews envoie du bois, avec un récit qui pose la question de savoir comment oeuvrer pour renverser le capitalisme ambiant, et surtout de manière musclée et faire réagir cette classe dite intouchable. Peut-on y déceler l’opinion politique d’Andrews ? Peut-être, mais on s’en fout un peu tellement c’est jouissif, sublime, allumé et déjanté. Enfin un héros très expéditif qui ne fait pas de fioritures, et pas non plus dans la finesse tant c’est nécessaire.

Question dessin, on est dans la droite continuité du travail amorcé sur Iron-Fist. Occupant tous les postes, Andrews choisit plutôt un style dynamique mais moins travaillé que ses travaux antérieurs. Moins de lignes dans le trait, optionnant les effets punchy et la vitesse, allant même jusqu’à se permettre de superbes planches en noir et blanc tel Miller et son Sin City. Une couleur plus primaire sans aller chercher à mettre beaucoup d’effet de dégradé non plus, toute la partie graphique est donc dans un style relâché mais surtout énergique. Ce qui peut dérouter certains lecteurs, sentant une exécution peut-être un peu hâtive... ce qui n’est pas mon cas.

Renato Jones se lit d’une traite, comme un petit plaisir coupable mais sans remord. Il ne possède pas la finesse de son grand frère V Pour Vendetta, mais une rage non-dissimulée bien sentie et une légèreté très expéditive. A ranger aux côtés du chef-d’oeuvre d’Alan Moore et David Lloyd et accompagné du Grand Hôtel Abîme de David Rubin et Marcos Prior.

Vincent Lapalus

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