Sortie: 6 novembre 2014 chez Futuropolis - 80 pages - 9782754811552 - Format Album - 1 édition connue

Chroniques - 9782754811552

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Chroniques 9782754811552 © 2014 Futuropolis Kris/Cuvillier/Edith/Maël/Bailly/Pourquié/Hardoc
Série Notre Mère la guerre Identifiant de l'album: 39819
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Notre Mère la guerre est une somme de quatre livres comprenant quelque 250 planches de bande dessinée. Mais c’est aussi une somme de lectures, de rencontres, de discussions et de balades sur les lieux de la Grande Guerre. Depuis la sortie du premier livre en 2009, cette aventure artistique et éditoriale, humaine et historique a également engendré quantité de débats et rencontres littéraires. Avec la commémoration du centenaire du conflit, ces discussions se sont multipliées. De tout cela est né le désir de faire lepoint sur toute la matière réelle ayant servi de matrice à cette " fiction d’archive ", comme l’écrit Nicolas Offenstadt dans sa préface de l’intégrale de Notre Mère la guerre. Faire le point mais, au-delà, rendre hommage à ces hommes et à ces femmes qui ont laissé derrière eux souvenirs, témoignages et journaux intimes de cette période et sans qui imaginer cette histoire aurait été impossible. Parmi donc plus de 350 ouvrages qui lui ont été utiles, Kris a choisi plusieurs témoignages ou biographies emblématiques de leur influence sur sa création, parmi lesquels ceux de Charles Péguy et Louis Barthas ou encore celui de l’anglaise Vera Brittain. Il les passe au crible de sa propre histoire personnelle, mêlant récit intime d’une création littéraire et destins individuels de ces témoins, acteurs et victimes de l’une des plus grandes crises du XXe siècle.

Chronique

En coédition avec la Mission Centenaire et les éditions de la Gouttière.

Le pitch  : Il y a 100 ans, la guerre éclatait… Mêlant la grande Histoire au récit intime, Kris et ses coauteurs réussissent le pari d’un livre collectif cohérent et passionnant. Notre mère la guerre, récit en quatre volumes publiés entre 2009 et 2012, mené de main de maître par Kris et Maël, plonge le lecteur dans la folie meurtrière de la grande guerre à travers des personnages souvent jeunes, victimes d’une société désaxée, criminelle. La guerre devient le révélateur d’une société où la lutte des classes n’est pas un vain mot.
Cet ultime volume n’est pas une suite mais un prolongement aux nombreuses rencontres avec les lecteurs qui ont fait naître le désir de faire le point, au-delà du cadre de la Première Guerre Mondiale, sur la matière réelle ayant servi de matrice à cette « fiction d’archive ». Une réflexion devenue collective, alimentée pendant les rencontres et restituée dans cet ouvrage collectif par d’autres talents du 9e art : Jeff Pourquié, Vincent Bailly, Edith, Damien Cuvillier, Hardoc.
« Ce livre, écrivent aussi Kris et Maël, devait être le dernier. C’était le moment de rendre, autant que faire se peut, tout ce que nous avons emprunté ailleurs. Et, en premier lieu rendre hommage à tous ceux qui nous ont laissé des traces littéraires ou visuelles de leur expérience durant la guerre. D’où le désir, après avoir créé ces doubles imaginaires qu’ils ont fortement inspiré, de raconter qui étaient Charles Péguy, Louis Barthas ou l’Anglaise Vera Brittain… » Parmi donc plus de 350 ouvrages qui lui ont été utiles, Kris a choisi plusieurs témoignages ou biographies, emblématiques de leur influence sur Notre Mère la guerre. Les passant au crible de sa propre histoire personnelle, il a mêlé le récit intime de la création d’une bande dessinée aux destins individuels de ces témoins, acteurs et de l’une des plus grandes crises du XXe siècle.

Cet album se compose de sept parties.

Le prologue dessiné par Maël, nous emmène sur les traces du scénariste, Kris, en 1986, à l’age de 14 ans, lorsque celui-ci découvre Verdun. On ressent à travers ces quelques pages, le besoin pour un adolescent de comprendre ce qu’a été l’horreur de cette guerre. La capacité de pouvoir trouver des mots à mettre sur ces batailles qu’il n’a pas vécu est touchante, on sent que le brillant scénariste
qu’il est aujourd’hui à ouvert ses yeux ce jour-là. Graphiquement, Maël restitue tout la solennité du devoir de mémoire, toute la lourdeur pesante chargée d’histoire des lieux.

Charles Péguy dessiné par Damien Cuvillier, relate succinctement l’histoire de cet écrivain, essayiste et poète Français. Penseur engagé de son époque, il est un des auteurs majeurs du XXème siècle, pourtant, son héritage intellectuel est souvent méconnu. Kris retrace ici, la période de sa vie allant de la mort de Jaurès, de son engagement dans la 19ème compagnie du 276ème régiment d’infanterie jusqu’à son décès, quelques jours plus tard lors des combats de la bataille de l’Ourcq à la veille de la première bataille de la Marne. Graphiquement, Damien Cuvillier livre là un très beau travail, dans un style réaliste saisissant, dans la lignée de Notre Mère la guerre.

Vera Brittain dessiné par Edith, fait le récit de cette jeune étudiante d’Oxford qui décide de s’engager en tant qu’infirmière dans l’armée. Elle perd son fiancé et un frère lors de la première guerre mondiale. A la fin de ce conflit, elle rentre en Angleterre où elle devient une auteure et une féministe célèbre. Kris traite ici de toute l’horreur de la perte de l’être aimé au combat, destin qu’ont connu bien des femmes durant cette période, avec un sens extraordinaire d’humanité. Graphiquement, Edith nous propose un traitement assez particulier. En effet, on est assez loin de la cohérence graphique de l’ensemble, ce qui en fait un récit à part.

Louis Barthas dessiné par Hardoc, raconte l’histoire de ce tonnelier, militant socialiste partageant les idées de Jaurès. Il rejoint le 125ème régiment d’infanterie de Narbonne, il a écrit ses expériences de guerre dans un journal sous le titre "Les carnets de guerre de Louis Barthas, Tonnelier 1914-1918". Kris dépeint le portrait de ce caporal, proche de ces hommes, plus camarade qu’autoritaire. Lui qui déteste les galons, il fut déchu de son grade pendant la guerre. Ce chapitre est pour moi le plus fort, le plus touchant de ces Chroniques, en effet, les écrits de Louis Barthas, reproduits ici en partie, sont percutants, l’expression "le poids des mots" prend ici tout son sens. Graphiquement, on retrouve très bien le trait de Hardoc sur son excellente série "La guerre des Lulus", cela donne de la consistance au récit, l’ambiance est vraiment bien sentie.

Georges Deloche et Gabriel Chevallier dessiné par Vincent Bailly, narre le destin de deux hommes. D’une part, le Maréchal des Logis Georges Deloche, dont on sait peu de choses, et d’autre part, celui de Gabriel Chevallier. Ce dernier, fils d’un clerc de notaire lyonnais, fait des études dans divers établissements, il entre ensuite aux Beaux-Arts de Lyon. Mobilisé dès 1914, il est blessé un an plus tard. Une fois rétablit, il retourne au front, où il restera comme simple soldat jusqu’à la fin du conflit. Rendu à la vie civile à la fin de l’année 1919, il exerce divers métiers, retoucheur de photographie, voyageur de commerce, journaliste, dessinateur, affichiste, professeur de dessin… À partir de 1925, il se lance dans l’écriture romanesque en utilisant ses propres expériences. Avec La Peur, il témoigne de son atroce calvaire de soldat. Kris fait de ce chapitre un témoignage poignant, sur ce que l’on oublie souvent dans ces conflits, c’est que derrière la guerre il y a des hommes, et il n’est pas simple pour un homme d’avouer ces peurs. On trouve dans ce chapitre une information intéressante : Ce roman paru une première fois en 1930 "connut la malchance de rencontrer une seconde guerre sur son chemin. En 1939, sa vente fut librement suspendue, par accord entre l’auteur et l’éditeur", ainsi que Gabriel Chevallier l’explique lui-même. Au vu du titre, on peut comprendre qu’il n’était effectivement pas le manuel parfait pour affronter une deuxième fois en vingt-cinq ans "une sinistre aventure aux conséquences imprévisibles". Graphiquement, Vincent Bailly fait toujours un travail propre, on retrouve bien la patte du dessinateur d’un Sac de Billes, autre série populaire de Kris.

Les Gamins dessiné par Jeff Pourquié est une succession de différents récits en une page, co-scénarisés par des étudiants de l’université de Picardie d’Amiens. L’ensemble est cohérent, et, permet de tordre le cou à une idée préconssue du citoyen du XXIème siècle. Celle de croire que les soldats de la grande guerre étaient des "vieux". Graphiquement, Jeff Pourquié y est pour beaucoup dans la cohérence de ce chapitre, en effet son dessin en est le fil conducteur.

L’épilogue dessiné par Maël, relate le retour de Kris un quart de siècle plus tard à Verdun et l’après Notre Mère la guerre. La façon dont ce récit à échappé à leurs auteurs, notamment la naissance des Chroniques.

On ne peut pas caractériser cet ouvrage de spin-off à la série principale, mais plutôt un hommage. Un très bel hommage à ces hommes et femmes qui ont inspirés Kris et Maël pour Notre Mère la guerre, plein d’humanité, de courage et d’abnégation. Un ouvrage qui impose le respect.

Par Arnaud Lamy
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1 édition

Chroniques
Editeur: Futuropolis
ISBN: 9782754811552
EAN: 9782754811552
ISBN digital: -
6 novembre 2014
Album 80 pages
Poids: 0.63 kg
Dimensions: 23.5 x 30.0 x 1.2 cm